Assitan Koné, une maman qui a du rebond

Sur le territoire

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Publié le 19/12/2025

Assitan Koné avec son enfant à gauche et sur terrain du Colisée à droite

Basketteuse professionnelle depuis 12 ans, internationale française à plusieurs reprises en 3x3, médaillée d'or aux Jeux européens 2019 à Minsk, sélectionnée 3 fois dans l'équipe de France 5x5, Assitan Koné a rejoint le C'CMBF en début de saison. Depuis la naissance de sa fille Yelëne en février dernier, elle mène un double match, avec, du terrain au berceau, le même sens du rebond.


Quand on lui demande d'où lui vient cette passion pour le basket, Assitan Koné répond : « Franchement, c'est arrivé par hasard. » Au collège, Assitan est inscrite en section sportive rugby lorsque son professeur de sport, constatant la grande taille de la jeune fille, lui propose d'essayer le basket. Un essai transformé. À 12 ans, en Seine-Saint-Denis, elle attrape le ballon et ne le lâchera plus. « Il m'a fallu une seule séance pour que ce sport me plaise ! » Pôle Espoir Île-de-France, INSEP, puis première expérience chez les pros à Toulouse en Boulangère Wonderligue, la division d'élite du basket féminin. S'ensuivent Arras, Montpellier, Mondeville, Saint-Amand, La Roche-sur-Yon… puis le C'Chartres métropole basket féminin, où elle occupe le poste de pivot avec dans le dos le numéro 26, jour de naissance de sa fille…

Pilier sur pivot

À Chartres, elle a flairé plus qu'un simple rebond offensif : un projet. « En Ligue 2, le club affichait une ambition claire de montée en ligue Féminine qui a plu à la compétitrice que je suis. Il avait aussi une structure professionnelle très solide. » Deux critères décisifs pour Assitan, dans un monde où tous les terrains ne se valent pas.

Sur le parquet, la pivot joue un rôle central : point d'ancrage dans la raquette, rempart défensif, cible prioritaire dans la peinture. Elle apporte sa densité physique mais aussi son expérience, notamment acquise en équipe de France, où elle a goûté à l'or aux Jeux européens de 2019 à Minsk. Un métal précieux qui se transforme aujourd'hui en leadership discret mais efficace dans l'effectif chartrain.

Concilier vie de maman et sport de haut niveau n'est pas simple, mais je pense avoir trouvé le bon rythme.

Bonnes stats

Aujourd'hui, la jeune femme affiche l'une des meilleures productions statistiques de sa carrière (13 points et 4,5 rebonds en Wonderligue), et s'impose dans les raquettes comme une évidence. Solide sur ses appuis, aérienne dans ses intentions, Assitan a trouvé le bon équilibre entre puissance et sérénité. Mais si la joueuse a choisi Chartres, c'est aussi parce que la proximité de la ville avec la région parisienne lui permet de fluidifier sa logistique familiale.

Entre paniers et biberons

Car depuis février dernier, une nouvelle « coéquipière » a rejoint l'équipe : la petite Yelëne. La conciliation entre maternité et haut niveau sportif demande une certaine organisation. « Ce n'est pas simple, mais je pense avoir trouvé le bon rythme », confie la jeune maman. Une assistante maternelle à domicile en journée, une autre les soirs de matchs, et lors des déplacements, son compagnon prend le relais. « Il est encore dans la région parisienne, mais vient le jeudi soir pour seconder l'assistante maternelle la journée du vendredi, et s'occuper de la petite le week-end. »

Dans le collectif

Assitan évoque un rythme intense, qu'elle a su apprivoiser. Au début, sa fille, habituée à voir toujours les mêmes visages, a dû s'adapter à l'univers collectif du club. « Je l'emmène parfois à l'entraînement. » Yelëne passe de bras en bras, sans jamais perdre le sourire, découvre le ballon, observe les exercices… Curieuse, joueuse, infatigable, elle a déjà tendance à taper sur le ballon pour dribbler ! Et quand Assitan monte au panier, c'est aussi un peu pour elle.

Car au fond, ce basket-là, c'est peut-être aussi une affaire de transmission… et de tirs parfaitement calibrés !

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