La téléconsultation assistée, un dispositif innovant d'accès aux soins
Sur le territoire de Chartres métropole, près d'un habitant sur trois ne dispose pas de médecin traitant. Pour répondre à cette préoccupation majeure, un dispositif d'accès aux soins par la télémédecine assistée est déployé à l'échelle de l'agglomération, en lien avec la Communauté professionnelle territoriale de santé du Pays Chartrain (CPTS), l'Assurance Maladie et Crédit Agricole Val de France.
Le dispositif « Télémédical Solution » (créé par la start-up Omedys) s’adresse en priorité aux patients qui n’ont pas de médecin traitant, ainsi qu’à ceux rencontrant de sérieuses difficultés à se déplacer ou pour qui le délai d’accès à un praticien est trop long. À travers cette organisation, les professionnels de santé du territoire se mobilisent pour aller vers les patients fragiles ou en situation de vulnérabilité et garantir à tous l’accès à un parcours de soin adapté grâce à la téléconsultation assistée.
Qu'est-ce que la téléconsultation assistée ?
Concrètement, un professionnel de santé (infirmière, personnel paramédical ou pharmacien) assiste le patient et établit une liaison vidéo sécurisée avec un médecin du territoire, ou avec le médecin traitant du patient s’il en a un mais qu’il ne peut pas se déplacer. Le médecin dirige la consultation – qui grâce au live audio et vidéo peut tout entendre et tout voir – et s’appuie sur les compétences du professionnel de santé, situé aux côtés du patient, et formé à la prise en main des dispositifs et à la fonction d’assistant de télémédecine.
En complément d'un ordinateur portable et d'une imprimante, il dispose d'outils connectés supplémentaires pour permettre au médecin de pratiquer l'examen à distance : un tensiomètre, un stéthoscope, un otoscope, ainsi qu’une mini-caméra destinée à ausculter de petites plaies, par exemple.
Le médecin peut ainsi établir un diagnostic complet et inscrire les données dans le dossier médical. Tout est enregistré dans un dossier partagé, il y a donc un suivi médical et un traçage.
La téléconsultation peut être rendue disponible au sein :
- des établissements médico-sociaux ;
- de certaines pharmacies volontaires intégrées au dispositif ;
- depuis le domicile des patients qui ne peuvent pas se déplacer, en lien avec les infirmières référentes formées.
À l’heure actuelle, une dizaine d’infirmières sont déjà intégrées au dispositif mis en place avec les médecins de la maison pluridisciplinaire de santé Mathurin-Régnier en cœur de ville de Chartres (5, rue Mathurin-Régnier). Le recrutement de professionnels est en cours pour étoffer les équipes de médecins et d'infirmières. À terme, le dispositif de téléconsultation assisté sera également proposé dans la maison de santé du Pôle gare de Chartres (à l’achèvement des travaux du « Parvis des Lumières » prévu fin 2026).
Modalités d'accès
La téléconsultation est accessible aux habitants de l'ensemble des communes de Chartres métropole.
Elle est ouverte :
- en priorité aux patients qui n’ont pas de médecin traitant ;
- à ceux rencontrant de sérieuses difficultés à se déplacer ;
- ou pour qui le délai d’accès à un praticien est trop long.
Elle ne permet pas :
- la consultation des enfants de moins de trois ans ;
- les gestes techniques (tels que les sutures) ;
- et le traitement des douleurs abdominales. Si c'est votre cas, rendez-vous aux urgences ou contactez le 15.
Les rendez-vous pour une téléconsultation se prennent :
- par téléphone au 02 34 40 17 66 ;
- du lundi au vendredi, de 8h à 12h et de 13h30 à 16h30.
Chaque téléconsultation assistée est prise en charge par la Sécurité sociale en tiers payant intégral. C’est-à-dire sans aucune avance de frais (tarifs conventionnés secteurs 1).
Des médecins du territoire pour des patients du territoire
Le dispositif de télémédecine assistée s'appuie sur les médecins du territoire qui maîtrisent parfaitement l'environnement dans lequel évolue le patient. À l'issue de la consultation, ils peuvent, si nécessaire, réorienter le patient vers un autre spécialiste local parce qu'ils connaissent les professionnels de santé du territoire.
Par ailleurs, le médecin dispose de l'ensemble des éléments du dossier médical (résultats d'examens, examens complémentaires prescrits, avis des spécialistes...) et en assure le suivi. Si des résultats sont anormaux, il peut appeler le patient et adapter son traitement. Le fonctionnement reste le même que pour un cabinet médical traditionnel et répond aux besoins du patient.
Un outil moderne et sécurisé pour un territoire solidaire
La télémédecine assistée s'appuie sur une collaboration étroite avec la CPTS du Pays Chartrain et sur un modèle éprouvé garantissant la sécurité, la confidentialité et la conformité réglementaire des actes médicaux. En rapprochant les professionnels de santé des habitants qui n'ont plus accès aux soins, elle complète l'offre de soins locale, garantit la continuité des parcours de soins et lutte contre le renoncement aux soins.
La CPTS du Pays Chartrain accompagne les patients à retrouver un médecin traitant dans leur secteur de résidence. Dans l'intervalle, le dispositif garantit le maintien du suivi.
C'est la start-up Omedys (filiale du Crédit Agricole), co-fondée par le docteur Jérémie Goudour, qui a porté la mise en place du dispositif sur le terrain, de la phase projet jusqu'à sa réalisation, et qui accompage sa montée en charge.
La téléconsultation assistée gagne du terrain
La téléconsultation assistée se déploie progressivement dans l'agglomération.
Deux médecins du territoire y consacrent plusieurs demi-journées par semaine. Un troisième est en cours de contractualitsation avec l'aval du Conseil de l'Ordre des médecines.
Côtés infirmières, 3 cabinets sont déjà mobilisés à Chartres, ainsi qu'un cabinet à Saint-Georges-sur-Eure et un autre à Jouy. 2 autres projets sont en cours dans l'agglomération. Dans chaque cabinet plusieurs infirmières peuvent intervenir.
Tous les habitants de Chartres métropole peuvent bénéficier du dispositif et prendre rendez-vous pour une téléconsultation assistée. Mais pour ceux qui serait trop éloigné d'un cabinet d'infirmère (résidant au-delà des communes limitrophe du cabinet), les consultations ne pourront pas se faire au domicile du patient.