Poisvilliers, c'est toute une histoire !
Sur le territoire
-Publié le 06/04/2026
Territoire
Chaque mois, focus sur une commune de l’agglomération, en suivant l’ordre alphabétique. Découvrez aujourd'hui le patrimoine, l'histoire, la mémoire… de Poisvilliers !
L'église Saint-Étienne
Autrefois détenue par le doyen du Chapitre Notre-Dame (Chartres), elle a connu plusieurs phases de constructions, encore visibles. Les murs latéraux du chœur (plus étroit) nous viennent du XIIe siècle. Le chevet, formant trois pans coupés, a été reconstruit au début du XVIe siècle. De cette époque datent aussi les quatre jolies baies à décor flamboyant (dont deux sont aujourd'hui murées). La (ré)édification de la nef suit dans la deuxième partie du siècle. Le mur frontal, aux formes épurées, est encore marqué de la date MDCCLXX (1770). Si la petite rose et le profil des corniches adoptent un style classique qui est propre au XVIIIe siècle, la silhouette générale, à deux contreforts plats, ressemble aux constructions romanes de la région : il s'agit probablement d'un remontage, quasi à l'identique, de l'ancienne façade.

Zooms

Le retable, aux pilastres cannelés (XVIIIe siècle) et aux panneaux droits, occupe toute la largeur du fond de l’église. Sur le tabernacle, on voit des décors floraux et une petite statue du « bon pasteur ».
Les vitraux comprennent deux réalisations des ateliers Lorin (1928), dont une représentation de la statue de Notre-Dame-sous-Terre. Ils ont été complétés plus récemment par des créations de Michel Petit (Annonciation, Apparition aux Saintes Femmes…), laissant une large place aux losangés clairs.
Le chemin de croix (2010) est une oeuvre originale d’Olivier Bernacchi, collée aux parois, qui laisse transparaître dans le choix contrasté des couleurs et les parti-pris figuratifs différentes questions posées par l’histoire contemporaine.
Le petit château d’eau
Il remonte à 1904, le village ayant été l'un des premiers à disposer de l'eau dans les habitations, tandis que la majorité de la Beauce continuait à utiliser les pompes à roue. Le réservoir était monté sur une petite tourelle ronde, bâtie en moellons de pierre calcaire.

Quatre grandes fermes
Quatre grandes fermes sont typiques du terroir beauceron. Construites autour d'une grande cour, anciennes métairies d'institutions locales (Chapitre, Hôtel-Dieu, abbayes), visibles sur le plan cadastral de 1808 où elles forment les noyaux du bâti, leur histoire remonte à plusieurs siècles. Les bâtiments y comprennent à la fois des ailes anciennes (bauge – XVII/XVIIIe siècles) et des granges / corps d'habitations postérieurs (silex – XIXe siècle).
Deux d'entre elles vous ouvrent leurs portes en hébergement : la Mavelynière et les Gîtes de Chartres.
Mais aussi…

Les nombreuses fermettes, construites dans la seconde partie du XIXe siècle, forment un ensemble caractéristique, notamment dans la rue du Village. Les murs y sont bâtis en bauge sur un mur plus ou moins haut, fait de rognons de silex et couvert d'un enduit. Toutes les maisons ou presque ont leurs chaînages d'angle, encadrements de portes, et fenêtres et portail de cour en brique, provenant de proto-usines chartraines.
Les vues lointaines sur la cathédrale sont nombreuses, notamment sur le chemin derrière les fermes et sur celui qui rejoint Lèves.
Mémoire(s) : la « terre de pipe » ou kaolin
Étonnez vos amis en affirmant qu'il y a dans les stations du métro parisien « quelque chose de Poisvilliers » ... Ainsi que dans les très nombreux vaisseliers, appartenant à des amateurs de belles antiquités.
Environ 800 mètres à l'Est du bourg, une légère dépression dans l'horizontalité des champs est le dernier signe, avec une photographie des carrières ainsi que des liasses d'archives commerciales, témoignant de l'exploitation du kaolin qui marqua l'histoire des lieux. Cette argile blanche (comprenant du silicate d'aluminium) est le matériau essentiel de la porcelaine et de certaines faïences fines.
Commencée en 1791/92 et stoppée peu après la première guerre mondiale, comme dans la carrière voisine de Bonville, l'extraction, qui était compactée sur place en pains d'argile, alimentait différentes usines, dont la prestigieuse Manufacture impériale de Sèvres (à partir de 1798/1802) et la faïencerie Boulenger, attributaire (1889) de la décoration du métro.

Tradition : aperçus sur la vie paysanne, vers 1920
Un cliché emblématique de la mécanisation de l'agriculture, édité en carte postale et largement diffusé dans l'entre-deux guerres, a été pris à proximité du village. On y voit une batteuse, son tracteur à chenilles et motorisation essence (!) ainsi que de nombreux habitants, en tenue de travail, auxquels se sont joint les enfants en vacances. Tous sont venus s'associer à cet emblème de modernité, dans une scène qui malgré son titre – Batteuse en action – apparaît plus posée qu'un tableau.

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