Ollé, c'est toute une histoire !
Sur le territoire
-Publié le 09/03/2026
Territoire
Chaque mois, focus sur une commune de l’agglomération, en suivant l’ordre alphabétique. Découvrez aujourd'hui le patrimoine, l'histoire, la mémoire… de Ollé !
L'église Saint-Martin
Elle a été presque entièrement reconstruite au cours des années 1490-1520 par les moines de Saint-Martin-au-Val (Chartres). On y retrouve de nombreux éléments de style « gothique flamboyant » : la série entièrement conservée des contreforts, les treize larges fenêtres – dont celles de l'abside polygonale – ou encore l'étage inférieur du clocher, avec son élégant escalier à vis.
À l'intérieur, l'église est couverte des charpentes d'origine, décorées des fameux « engoulants » (les têtes monstrueuses dévorant les extrémités des entraits), de rinceaux à feuillage et de blasons des donateurs : on y retrouve trois fois celui des Champrond. Sur le côté nord, il reste une porte de grison et de roussin (XIe siècle ?), réutilisée d'un sanctuaire bien plus ancien et dont les montants sont striés par les lames d'outils appartenant aux artisans locaux.
Le clocher a été rehaussé (aujourd'hui 40 mètres) en 1883/84, dans le style néo-gothique par l'architecte Plassard.

Zooms
Deux vitraux méritent l'attention. Ce sont des « macédoines », c'est-à-dire des fenêtres composées d'éléments anciens disparates, plus au moins endommagés. Ces fragments de grande qualité remontent au XVIe siècle et aux premières décennies du XVIIe siècle. On y trouve une Résurrection du Christ, une Nativité, une Adoration des mages, deux saintes (Marguerite et Catherine) et le texte du Credo.
Les statues populaires (XVIIe-XVIIIe siècles), en bois polychrome et aux traits naïfs, forment un touchant ensemble : saint Martin, patron des lieux, saint Antoine l'ermite, qui a toujours été vénéré dans cette église par les pèlerins des alentours, saint Sébastien, saint Jean-Baptiste ainsi qu'une jeune sainte.
Un bel ensemble d'ébénisterie (XVIIIe siècle, complété en 1816/1818), d'un style classique assez épuré, ici presque complet, comprend : le grand retable (aux pilastres cannelés et chapiteaux corinthiens), les lambris du chœur, les stalles, l'arc triomphal et la chaire. Cette dernière, à l'escalier à balustres, est sculptée en bas-relief d'un Saint-Martin.
Les fonts baptismaux en marbre rouge remontent également au XVIIIe siècle.
Le colombier de l'ancien château
Le colombier de l'ancien château est une construction atypique en brique, à la silhouette très reconnaissable. Classé monument historique, il a été édifié vers 1610/1630. La structure possède douze côtés, tandis que le spectaculaire espace intérieur, de forme circulaire, ne compte pas moins de 1850 « boulins », les espaces creux où logent les oiseaux. Sur la porte d'entrée est sculpté le blason des Champrond : « D'azur au griffon d'or ».
La charpente aujourd'hui disparue devra être restituée pour préserver à long terme ce remarquable témoignage architectural.

Mémoire(s) : la famille Champrond, seigneurs d’Ollé. Le monde des petits paysans
L'histoire de cette commune, pendant au moins sept siècles, a été marquée par ses deux principaux pouvoirs seigneuriaux, au sujet desquels de nombreux documents sont conservés, incorporés aux fonds des Archives départementales.
Les chanoines du Chapitre Notre-Dame (Cathédrale) contrôlaient la quasi-totalité des hameaux : Hardessé, Cogné, Bennes, Flainville, Pouancé, dans lesquels ils possédaient des granges dîmières et où ils exerçaient leur droit de « haute justice ».
Le village d'Ollé relevait de seigneurs laïcs, dont les plus remarquables appartiennent à la famille Champrond (XVe au XVIIe siècles sur six générations). Sur le compte de Jean de Champrond (+1658), magistrat d'une avarice proverbiale que l'on dit être le modèle de l'Harpagon de Molière, de très nombreuses histoires ont été colportées… Ainsi qu'il faisait du « stop » auprès de carrioles remplies de blé pour se rendre à Chartres depuis son château d'Ollé.
Le fonds du baillage (justice de proximité) permet aussi de recueillir de nombreux témoignages de la vie quotidienne : moulins, mares (un conflit sur le droit de pêche à Hardessé…), bois, animaux (des « quidams » qui volent des poules au château…) ou encore fêtes villageoises : en 1552, il est défendu aux « joueurs de tambourin, bateleurs et histrions de jouer dans le village pendant le service divin ».

Tradition : comme autrefois, de bons produits O’lait !
Dans le cœur du village, une grande ferme typique de la région de Beauce (construite au XIXe siècle et comprenant d'anciennes granges, bergeries, ainsi qu'un pigeonnier) abrite aujourd'hui la laiterie de Clovis Ménard, ouverte en 2021. Les champs ouverts des grandes exploitations céréalières nous font oublier que chaque ferme avait autrefois ses animaux et ses ateliers fromagers.
Les yaourts et riz au lait, sans additif, colorant et conservateur, sont 100% fabriqués en Eure-et-Loir. Vous les trouvez dans de nombreux supermarchés de l'Agglo.

Mais aussi…
La croix de pierre (XIXe siècle, sur un emplacement très ancien) se situe à la sortie est du village.
L'ancien café, bâti en brique (vers 1880) au 2, rue aux Juifs, rappelle que chaque village avait autrefois ces lieux de convivialité.
Les fermettes sont à la fois en silex, bauge et brique (1840-1900).
Plusieurs mares sont conservées : deux à Hardessé, une à Cogné, une à l'est d'Ollé, ainsi qu'une petite au coeur du village, entourée de murets de pierre. Une pompe à roue (Moreau père et fils à Brou, vers 1900) est encore en place à Hardessé.
Les tilleuls de la place de l'église.
Abonnez-vous à nos newsletters
Pour recevoir l'actualité de Chartres métropole directement dans votre boîte mail.

