Oinville-sous-Auneau, c'est toute une histoire !
Sur le territoire
-Publié le 28/01/2026
Territoire

Chaque mois, focus sur une commune de l’agglomération, en suivant l’ordre alphabétique. Découvrez aujourd'hui le patrimoine, l'histoire, la mémoire… de Oinville-sous-Auneau !
L'église Saint-Rémi
L'église Saint-Rémi a connu de nombreuses transformations au fil des siècles, qui lui donnent une silhouette singulière et attachante. Le long mur nord date encore en large partie du XIIe siècle. Le chevet, de forme polygonale, remonte au XIVe siècle, comme on le voit à ses contreforts et à ses baies en forme d'ogives. La petite tour latérale, avec sa fine cage d'escalier, est élevée à la fin du Moyen Âge (deuxième partie du XVe siècle). On peine à dater le flanc sud du chevet (XVIIe siècle ?) qui fait suite à un effondrement et a conduit à resserrer la partie terminale de l'édifice. La paroi y présente d'ailleurs à nouveau d'importants dévers. Au XXe siècle enfin, on remonte la façade et le mur sud de la nef sur des bases anciennes et avec les matériaux d'origine.

L'ancienne ferme seigneuriale de Cherville
L'ancienne ferme seigneuriale de Cherville, dont l'existence est mentionnée dès le VIIe siècle (Sicheri Villa), est encore bien conservée, au moins pour l'aile donnant sur rue : un énorme mur de fond de grange, donnant l'impression d'un édifice autrefois fortifié, ainsi qu'une large porte cochère, qu'on retrouve en Beauce centrale. Avec ses décors sobres mais typiques de l'époque de transition Gothique/Renaissance, cette porte « noble » date du XVIe siècle. La porte piétonne qui lui est jointe a été murée. Les blasons y ont été bûchés durant la révolution.
Le logis d'habitation principal conserve plusieurs éléments (arcade, deux fenêtres, un pilastre) d'un château bâti au XVIIe siècle, visible sur des plans anciens et détruit en 1799. Plusieurs bâtiments de la cour quadrangulaire, postérieurs (XIXe siècle), sont aujourd'hui ouverts en réception et chambre d'hôtes : la Bergerie du Mérinos, ce qui fait souvenir de l'histoire de la ferme.

La ferme seigneuriale d'Oinville
La ferme seigneuriale d'Oinville, près de l'église, conserve un charmant petit manoir, sur rez-de-chaussée et étage, construit vers 1500. Deux fenêtres à meneaux (traverses en pierre) y sont reconnaissables. Plusieurs bâtiments agricoles remontent aussi à des époques anciennes.
La croix de Cherville

La croix de Cherville en fer forgée (vers 1800), aux extrémités décorées et montée sur une base en pierre, est typique de la Beauce.
Mais aussi…
Une trentaine de fermes et granges conservent des parties anciennes (XVIe-XVIIIe siècles), construites avec les matériaux trouvés sur place : rognons de silex mêlés de moellons de calcaire et noyés dans un mortier à la chaux.
Les bords de la vallée de la Voise offrent un aspect plus boisé que les grands champs ouverts du plateau.
Mémoire(s) : les seigneurs d'Oinville au Moyen Âge … mais aussi les serfs
Aux XIe et XIIIe siècles, les seigneurs d'Oinville sont de petits chevaliers, vassaux des seigneurs d'Auneau. D'autres seigneuries occupaient le territoire de la paroisse. Elles appartenaient à des laïcs (Cherville, Lonceux, Occonville) et des institutions religieuses - ainsi les moines de Saint-Martin-des-Champs, détenteurs du fief de Saint- Martin-de-Poissac. Les bénédictins de Saint-Père-en-Vallée (Chartres) nous ont laissé un très curieux parchemin (v. 1110/1120) où on rapporte que le serf Hardouin, qui habite Oinville et qui leur « appartient », se marie à Gauburge, serve de Saint-Laumer de Blois. Les deux abbayes se mettent d'accord pour partager de façon égale les biens et les enfants (le « fruit », dit le texte latin). Ne souriez pas trop vite de leurs noms et condition : la statistique nous apprend que 15 à 25 % des lecteurs de Votre Agglo seraient descendants de ce couple…
Tradition : Les moulins de la vallée de la Voise

Le moulin de Poissac (XIXe siècle dans l'état actuel) comporte encore le passage du cours d'eau sous bâtiment. Le moulin de Lonceux, qui est resté en activité jusqu'aux années 1940, est lui-aussi situé dans un beau cadre naturel, avec plusieurs bâtiments formant cour (XVIIIe et XIXe siècles). Ce lieu apaisant est aujourd'hui ouvert à des sessions de Yoga. Le moulin, fait rare, conserve une roue à aubes, la quasi-totalité de son mécanisme encore fonctionnel, ainsi que plusieurs témoins passionnants : systèmes de levage, lit clos du meunier…
Zoom
Les pierres tombales de la famille « De Chartres », seigneurs de (Se)cherville, présentées contre le mur de fond de l'église, sont d’un intérêt exceptionnel et classées monument historique. L’une a été sculptée, comme le détaille l’inscription en vieux français, en 1232.
Sous des gâbles de style gothique, Jean de Chartres y est représenté en armes, revêtu de sa cotte de maille, et portant un écu avec l’emblème de la famille : deux « fasces » (bandes horizontales) rouges sur fond blanc. Sa femme Marguerite est parée d’un manteau en fourrure de vair.
L’autre dalle gravée, réalisée en 1539, a servi pour un caveau familial : une longue inscription y rappelle tous les mariages et générations, « postérité et descente de ligne en ligne » : Jean, auxquels succèdent Hector, Philippe, Guyot (…) parvenant à Jean et son épouse Ambroise de Hargenville, ici figurés dans un riche décor, reprenant les blasons des familles alliées.
La statue de Saint-Rémi, d’esprit populaire (XVIIe siècle), en bois polychrome, est la seule sculpture ancienne. L’archevêque de Reims y est représenté porteur de la mitre et d’une crosse.

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