Nogent-sur-Eure, c'est toute une histoire !
Sur le territoire
-Publié le 05/01/2026
Territoire
Chaque mois, focus sur une commune de l’agglomération, en suivant l’ordre alphabétique. Découvrez aujourd'hui le patrimoine, l'histoire, la mémoire… de Nogent-sur-Eure !
L’église Saint-Sylvain
L'église Saint-Sylvain a une longue histoire, qui lui confère son charme particulier. Si l'essentiel des murs porteurs, la petite fenêtre axiale, et deux contreforts de l'abside remontent à l'époque romane (XIIe siècle), l'édifice a connu de nombreuses modifications, notamment de nouveaux contreforts ou portes aux XIIIe, XVe et XVIIe siècles. Le clocher est construit au XIXe siècle, tout comme les fenêtres de la nef. À l'intérieur, les charpentes et la voûte en planches (« bardeaux ») remontent au XVIIe/ XVIIIe siècle.

La ferme de Bassigny
La ferme de Bassigny, isolée, est typique des grandes fermes seigneuriales à cour rectangulaire de la région beauceronne. Elle a échappé à la modernisation des bâtiments agricoles au XIXe siècle, fréquente autour de Chartres, ce qui confère au site beaucoup de pittoresque. Des actes sur parchemin mentionnent cet établissement dès 1245/50 : il appartient déjà aux moines chartrains de Saint-Chéron. Le long bâtiment nord (entre le XIVe et le XVIe siècle) possède une charpente ancienne, que les propriétaires actuels ont fait restaurer avec des techniques traditionnelles. On y trouve aussi un colombier de forme carrée, dont les parties basses remontent probablement au Moyen Âge et dont la superstructure en colombage a plusieurs siècles. Accès privé.

Le moulin de Pont-Tranchefêtu
Le moulin de Pont-Tranchefêtu est déjà mentionné dans des documents médiévaux. Les bâtiments actuels, réalisés en brique, remontent au deuxième quart du XIXe siècle. D'abord consacré aux céréales, il s'est ensuite tourné vers les grains industriels, qui sont à l'origine de l'activité de l'entreprise Sensas. Le site, avec les hauts fonds de la rivière et ses grands saules pleureurs, a beaucoup de charme. Le pont routier remonte aux années 1860 : avec ses grandes arcades surbaissées en pierre de taille et ses piles amont aux formes circulaires, il s'inscrit dans l'esprit de l'école parisienne des Ponts et Chaussées

Les mares et les pompes
La commune possède encore plusieurs de ses mares anciennes : celle de Nogent, dont trois côtés sont fermés par des murets de silex, celle de Mont-les-Tertres, avec ses plantes et fleurs typiques des milieux humides, et celle de Trizay, dont l'accès en pente douce servait autrefois aux animaux.
On pourra aussi observer ici et là plusieurs pompes à roue en fonte, installées entre 1880 et 1900, et toutes commandées au constructeur Lecomte (rue du Faubourg Guillaume à Chartres) : deux dans le bourg de Nogent, deux au hameau de Trizay, une au carrefour de Mont-les-Tertres. Certaines ont encore leurs dallages de pierre et/ou la plaque couvrant le puits de forage.
Mais aussi…

Les granges anciennes (XVIIe au XIXe siècle), construites pour plusieurs d'entre elles en mœllons de silex et bauge, comme celle qui donne sur la place centrale de Trizay.
Les bords de l'Eure et les étangs forment un agréable espace de respiration. Si les plans d'eau, qui accueillent aujourd'hui une biodiversité remarquable (ainsi que des colonies de cormorans…), sont en réalité des ballastières datant des années 1970, le chemin arboré longeant sur trois kilomètres le bras sud de l'Eure (aujourd'hui GR 655) reprend un itinéraire fréquenté au Moyen Âge.
Mémoire(s) : une cloche… à contre-temps
Il a fallu attendre 2025 pour (re)découvrir ce fait surprenant. La cloche de l'église, nommée Alexandre Marie, a été bénite durant l'année « 1793, l'an 2 de la république » comme il est indiqué sur l'inscription. Au même moment ont été fondues en France, à la demande du comité de salut public et dans un contexte de déchristianisation forcée, plus de 100 000 cloches, pour servir à l'armement ainsi qu'à la frappe de monnaie. On peine à comprendre comment Alexandre Moreau, « officier public et curé », a réussi son coup, faisant de cette cloche un cas (presque) unique sur le territoire national.
Tradition : Les lavoirs
À Nogent-sur-Eure, à l'exception du hameau de Trizay, trop éloigné, les femmes (car on n'a jamais vu un homme travailler à cette tâche !) se félicitaient de pouvoir battre le linge non dans les mares, mais à l'eau courante. Un lavoir (vers 1900) est encore debout sur le cours principal de l'Eure. Au bord du chemin suivant la vallée (près de Mont), un autre lavoir, effondré mais dont il reste les bases, donnait sur une source naturelle. La clarté de l'eau y est exceptionnelle et invite à une réhabilitation du site.
Zoom
La chaire (vers 1740-1760 ?), remarquable par la qualité de sa réalisation, est typique du style Louis XV, avec ses décors sculptés de treillis et de feuillages rococo. Fait assez rare, elle a conservé tous ses éléments d'origine : cuve, dossier et abat-son.
L'ancien retable (style Louis XVI, vers 1780) a été réutilisé plus tard au revers de la façade. Prenant l'apparence d'un grand fronton sur des pilastres cannelés, il a gardé sa peinture initiale imitant les veines du marbre.
Les statues – dont quatre sont classées au titre d'objets des monuments historiques – forment un bel ensemble. On y trouve notamment une Sainte-Catherine (vers 1490) avec la roue, symbole de son martyr, une Sainte-Barbe, porteuse d'une tour (vers 1510 ?), un Christ en croix en bois naturel très restauré, mais qui conserve des traits émouvants (vers 1530), une sainte, façonnée en terre cuite et présentant des drapés de style « maniériste » (vers 1630) ou encore un grand évêque, qui reprend, dans ses postures et ses ornements liturgiques, les codes de la sculpture baroque/classique (vers 1680).

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