À la recherche des gaulois de Chartres

Sur le territoire

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Publié le 12/02/2026

Territoire

De 2023 à 2025, un Projet Commun de Recherche (PCR) piloté par Fanny Gauthier, archéologue responsable d'opération à C'Chartres Archéologie, a réuni une quinzaine de chercheurs de Chartres, de l'Inrap et de l'Université Paris 1 afin d'en savoir plus sur la Chartres gauloise, avant l'Autricum romaine.

Le PCR « Origines gauloises de Chartres » reprend les sources écrites antiques, analyse de manière critique des données archéologiques anciennes et récentes, parfois disparates, et approfondit l'étude des mobiliers, notamment les céramiques. Ces travaux ont déjà permis de mieux comprendre l'occupation gauloise de Chartres et son rôle au sein du territoire des Carnutes.

Les sources antiques mentionnent deux villes associées à ce peuple de Gaule : Cenabum (Orléans), identifiée par César comme le point de départ de la révolte de 52 av. J.-C., et Autricum (Chartres), citée plus tardivement, à l'époque romaine. Les textes soulignent surtout l'importance symbolique du territoire carnute, présenté comme le centre religieux de la Gaule. Cette dimension laisse envisager un rôle structurant pour Autricum dans l'organisation de la cité carnute durant la période impériale.

Agglomération de plaine

L'archéologie met en évidence une occupation du promontoire chartrain à la fin de l'âge du Fer, au Ier siècle av. J.-C. La répartition des habitats, des voies de circulation et des nécropoles suggère l'existence d'un espace urbanisé cohérent, probablement délimité par un rempart fermant l'éperon, sur une surface estimée à environ 60 hectares. Par ailleurs, plusieurs indices d'occupation protohistorique ont été identifiés dans la vallée de l'Eure : habitats, fermes et structures artisanales datés des derniers siècles avant notre ère. Ces éléments pourraient indiquer l'existence d'une agglomération de plaine associée au site de hauteur, hypothèse qui devra être confirmée par de futures recherches.

Dans ce contexte, le site de la rue Sainte-Thérèse à Chartres constitue un élément central du programme. La reprise exhaustive de la documentation issue des fouilles menées entre 1969 et 1976 a mis en évidence les limites méthodologiques de ces interventions anciennes (on fouillait alors « en carrés »), notamment l'absence de prise en compte fine de la stratigraphie. Malgré ces contraintes, l'étude renouvelée du mobilier a permis d'affiner les datations grâce à des comparaisons régionales. Les occupations s'étendraient désormais des années 120 av. J.-C. jusqu'au début de l'ère chrétienne.

Comprendre la ville gauloise

La présence d'amphores vinaires d'importation italique confirme l'importance de l'occupation gauloise du secteur. Longtemps interprétées comme des témoins de consommation liée aux banquets, ces amphores présentent également des traces (brûlures, découpes, impacts) qui suggèrent des usages plus complexes. Une hypothèse, encore débattue, envisage un possible traitement rituel du mobilier. De nouvelles investigations de terrain pourraient, à terme, préciser le rôle social et symbolique de ce site dans la Chartres gauloise.

L'objectif actuel du PCR est de poursuivre les recherches en intégrant les données issues de nombreux sites répartis sur le territoire communal, afin de proposer une synthèse globale de la ville gauloise. Ces travaux posent ainsi les bases d'une meilleure compréhension des origines de Chartres et préparent une synthèse d'ensemble à venir dans les prochaines années.

Jeudis de l'archéologie – En 52 avant J.C. : Vercingétorix face à Jules César

En 58 avant J.-C., Jules César entre en Gaule pour aider les Éduens de Bourgogne à chasser les Helvètes venant du plateau suisse. Cet événement sert de prétexte au général en chef de l’armée romaine pour débuter une guerre qui s’achèvera en septembre 52 par la capture de Vercingétorix à Alésia.

La conférence de Sophie Krausz, archéologue et professeure de Protohistoire européenne à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, sera centrée sur la terrible année 52 avant J.-C., ses enjeux politiques et historiques. Une année marquée par un duel entre deux personnalités, Vercingétorix et César. Grâce aux données archéologiques issues de fouilles et de recherches récentes, on abordera les célèbres sièges qui ont marqué l’année 52, Cenabum (Orléans), Avaricum (Bourges), Gergovie et enfin Alésia.

  • Jeudi 26 février à 18h30 à la Méd’IAthèque l’Apostrophe, Chartres.
  • Entrée gratuite et sans réservation préalable, dans la limite des places disponibles.

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