Le mauvais bilan du SCOT
Tribunes
-Publié le 13/01/2026
Le précédent conseil communautaire a été l’occasion de présenter le bilan à 6 ans du schéma de cohérence territoriale (SCOT) : document stratégique en matière d’aménagement du territoire des 66 communes de l’agglomération.
Les objectifs du SCOT fixés en 2020 étaient clairs : +1 000 habitants par an. Or, entre 2016 et 2022, la croissance réelle n’est que de +91 habitants par an. 11 fois moins. Ce décalage interroge profondément l’efficacité de la stratégie portée par la majorité.
Ce n’est pourtant pas faute de construire. Avec 830 logements produits chaque année, le territoire densifie massivement le pôle urbain (intra rocade) – 83 % des constructions, contre 17 % seulement dans la couronne périurbaine et rurale – en contradiction avec l’équilibre fixé par le SCOT. Résultat : on construit beaucoup, mais on n’accueille pas vraiment de nouveaux habitants, en raison notamment du desserrement des ménages et de l’explosion du nombre de logements inoccupés : 5 500 logements vacants sur l’agglomération, dont 2 500 à Chartres seule, selon les derniers chiffres de l’INSEE. Cette vacance massive, concentrée dans le centre ancien, est le résultat de vingt ans d’inaction, dont nous payons aujourd’hui le prix : immeubles dégradés, commerces fragilisés, attractivité en recul.
Le SCOT continue de programmer l’utilisation de plus de 600 hectares d’espaces agricoles et naturels d’ici 2040, au mépris des objectifs de sobriété foncière et du « zéro artificialisation net » (ZAN) porté par la Loi. Les données de l’État montrent déjà 180 hectares artificialisés entre 2020 et 2026, principalement pour du développement économique, peu créateur d’emplois, et commercial au détriment du centreville de Chartres notamment, qui perd en attractivité à cause du coût prohibitif du parking, du retard considérable pris en matière d'offre de transports en commun et l'absence de schéma cyclable de l'agglomération.
Enfin, sur l’eau potable, le constat est grave : 55 % des volumes restent non conformes aux nitrates, malgré des investissements lourds, les causes ne sont toujours pas traitées à la source.
Pour toutes ces raisons, le SCOT n’est pas un succès. Il doit être révisé en profondeur, pour intégrer pleinement les exigences de sobriété foncière, rendre plus robuste notre agglo face aux défis climatique, alimentaire et écologique, protéger nos terres agricoles, réinvestir l’existant et engager un développement réellement soutenable et équilibré. C’est une question de crédibilité politique, mais surtout de responsabilité envers notre territoire et ses habitants.
Nous vous souhaitons une belle année 2026 !
Jean-François BRIDET, Brigitte COTTEREAU, Olivier MAUPU
Conseillers communautaires Chartres Écologie