02 March 2024
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Quand le vert devient trop envahissant...

Rivière et plan vert.

Quand le vert devient trop envahissant

Le faucardage consiste à faucher les plantes aquatiques qui ont trop poussé, nuisant au bon écoulement des eaux et étouffant la rivière.


Cette opération est menée par les agents de la direction Plan vert et Rivière de Chartres métropole à une période précise : de juillet à septembre. « C'est un moment où la végétation aquatique est dense, et qui n'a pas d'impact sur la période de reproduction des poissons, qui se déroule au printemps », explique Jean-François Plaze, vice-président de Chartres métropole délégué au Plan Vert, à la Rivière et à la Biodiversité.

Pourquoi les plantes poussent-elles autant ?

Plusieurs facteurs influent sur la pousse excessive des herbacées et des algues dans la rivière. La chaleur et l'ensoleillement y contribuent. Mais les écosystèmes se développent aussi quand la rivière reçoit trop de matières nutritives de types apports phosphorés et azotés. L'activité humaine en est souvent la cause.

Quel impact sur le milieu ?

En s'accumulant, les nutriments provoquent l'eutrophisation des cours d'eau. « Il s'agit notamment d'un excès d'azote ou de phosphore, d'origine naturelle ou dû à l'activité humaine, et qui exacerbe la croissance des plantes aquatiques. » Leur présence en excès peut alors altérer le bon écoulement de la rivière et diminuer son oxygène. Le faucardage permet de rétablir un état normal de la rivière. « Ce n'est pas une fatalité. J'apparente le faucardage à une action naturelle, périodique et salutaire pour la rivière. »

Le faucardage, comment ça marche ?

Les équipes de Chartres métropole sont équipées d'un bateau faucardeur, équipé à l'avant d'un bras mécanique doté d'un système de coupe. Pour permettre l'utilisation du bateau, il faut un minimum de hauteur d'eau : dans certains secteurs, l'accumulation de bancs limoneux empêche son passage. On faucarde en remontant le cours d'eau de l'aval vers l'amont des vannages. Des barrages mobiles sont disposés en travers du cours d'eau pour bloquer les plantes qui ont été coupées et permettre leur enlèvement. Elles sont ensuite évacuées vers une plateforme de déchets verts pour être valorisées en compost. « Cette année, les agents ont constaté moins d'herbacées, mais davantage d'algues. »

Quels sont les secteurs concernés ?

En juillet, le faucardage est d'abord effectué à Chartres. Puis c'est au tour de Maintenon, dans l'environnement du château et de l'aqueduc. Suivent Jean-François Plaze, vice-président de Chartres métropole délégué au Plan Vert, à la Rivière et à la Biodiversité, en compagnie de Richard Ivoula, le commandant de bord du bateau faucardeur. Des barrages mobiles, disposés en travers du cours d'eau, bloquent les plantes qui ont été coupées. Elles sont ensuite évacuées et transformées en compost. ensuite, fin août et en septembre, les secteurs de Jouy et Saint-Prest. « De nouvelles communes concernées par la prolifération des plantes, comme Saint-Georges-sur-Eure, nous interpellent. En fonction des moyens disponibles et de l'évolution de la propagation des herbes, le faucardage dans ce secteur pourrait être étudié. »

Le saviez-vous ?

Le faucardage est une pratique ancestrale. Il n'y a pas si longtemps, on le pratiquait encore avec un cheval traînant une herse dans le lit de la rivière. Certains propriétaires de moulin faucardent encore aujourd'hui manuellement leur bief, à l'aide d'une faux emmanchée.