Des vitraux sur les lignes C'Pégase
Au cœur du tracé du C’Pégase, le bus à haut niveau de service (BHNS) de Chartres métropole, cinq stations emblématiques accueillent des vitraux contemporains réalisés par des maîtres-verriers chartrains.

Une rencontre entre mobilité, art et patrimoine
Le long du parcours, Chartres métropole a souhaité mettre en lumière l’identité culturelle et patrimoniale du territoire et l’excellence des maîtres-verriers chartrains. Après concertations avec l’agence d’architecture et d’urbanisme Paume, mandatée en maîtrise d’œuvre sur le bus à haut niveau de service, C’Chartres Transports a décidé de subventionner la réalisation de vitraux au travers d’un mécénat artistique.
Cinq artisans d’exception – Élodie Vally (Maison Lorin), Hervé et Bruno Loire (Ateliers Loire), Kévin et Denis Picol (Atelier Picol), Vincent Pascal (Studio Pascal) et Claire Babet – ont été sélectionnés pour créer des vitraux uniques, inspirés du mythique « Bleu de Chartres » et du lieu d’implantation de chaque station.
Le totem : un écrin de lumière au cœur des stations
Ces œuvres, véritables signatures de l’art verrier chartrain, ornent les totems de cinq stations (soit dix arrêts) de la ligne C'Pégase : Gare, Violette-Médiathèque, Chasles-Théâtre, Courtille et Morard. Leur forme de totem, imaginée par l’architecte-urbaniste Luc Davy, de l’agence PAUME, fait référence aux deux flèches de la cathédrale Notre-Dame de Chartres. L’écrin du totem réinterprète quant à lui la silhouette des arcs-boutants polylobés de l’édifice.
De jour, la lumière naturelle traverse le verre et projette au sol des jeux d’ombres colorées. De nuit, un éclairage décoratif met en valeur les œuvres, visibles et admirables 24h/24. Les stations deviennent ainsi des lieux de passage mais aussi de contemplation, où histoire et modernité se rencontrent.
Cinq stations, cinq regards d’artistes
Arrêt « Gare – Nicole » et « Gare – Félibien » : Ateliers Loire (Hervé et Bruno Loire)
Ces deux vitraux synthétisent une journée. Ils sont en dalle de verre, technique emblématique des Ateliers Loire, verre de couleur teinté dans la masse, taillé et éclaté puis serti par un mortier de résine.
- « Départ », dans le sens de la gare vers la place Morard, représente un lever de soleil rayonnant en début de journée.
- « Retour », dans le sens de la place Morard vers la gare, représente une nuit étoilée en fin de journée.

Arrêt « Médiathèque » : Atelier Vincent Pascal
Réalisé par Vincent Pascal, ces vitraux explorent le partage du savoir et de la connaissance. Alliant techniques traditionnelles et modernes, ils marient une dominante de bleu outre-mer, inspirée des vitraux de la cathédrale, à des tonalités évoquant le bleu de Chartres. Fidèles à la tradition du vitrail narratif, leur lecture de bas en haut symbolise une quête d’élévation spirituelle.
- « Nexus » illustre l’évolution des modes de transmission. À la base, des formes graphiques évoquent les circonvolutions de la pensée, tandis qu’une femme tenant une guitare incarne la musique. Plus haut, un livre en vol, accompagné d’une plume et d’une bulle de BD, célèbre l’écriture. À l’apogée de ce réseau d’information, un cerveau aux allures numériques représente l’évolution vers l’IA.
- « Acanthe-Fly », inspiré des verrières médiévales, dessine des lancettes ogivales en hommage à l’architecture gothique. Une feuille d’acanthe, transformée en plume d’écrivain, sort de sa bordure pour symboliser une liberté transcendante. Les perles gravées à l’acide s’échappent de leur filet pour consteller les cieux, tandis qu’un œil ailé, signature artistique, est surmonté d’un livre représentant le savoir.

Arrêt « Chasles – Théâtre » : Atelier Babet (Claire Babet)
Mis à l'honneur dans les créations de Claire Babet, le théâtre est le lieu qui accueille le spectacle vivant, l’art musical, la danse, les mots, les émotions toujours uniques. Le théâtre, c’est toute cette énergie créative, ce travail sans relâche, ce saut dans le vide chaque soir pour être porté par le public qui reçoit et vit une parenthèse dans sa vie.
- « Le théâtre, côté scène » : la scène c'est l'espace vers lequel tous les regards se tournent dans l'ombre de la salle. Derrière, la machinerie cachée actionne décors et lumières pour que la magie opère. Le cadre de scène renforce la séparation des artistes et du public ; il focalise l’attention vers l’action et le sensible.
- « Le théâtre, côté salle » : dans l’ombre, le public est niché en silence, dans les loges, les galeries, le poulailler, à moins que ce ne soit le paradis d’être juché au-dessus de la scène pour en capter toutes les lumières, les mouvements, les sons. La salle cache un instant son faste, ses courbes, ses ors et décors pour la mise en lumière de la scène. Le public se fait face, placé dans son écrin courbe et intime, dominé par la coupole. Être en catimini, côté cour ou côté jardin sous le regard impérieux des cariatides, pour vivre un instant suspendu.

Arrêt « Courtille » : Atelier Picol (Kevin et Denis Picol)
- « La montée » et « La descente » : du château d’If ou du kiosque de la Petite Venise, le boulevard de la Courtille traverse d’un côté des immeubles contemporains, d’anciennes demeures, et de l’autre le jardin arboré, le muséum, où trône la sculpture de Noël Ballay. Un peu plus loin le joyau de la ville… la Cathédrale.

Arrêt « Porte Morard » : Maison Lorin (Élodie Vally)
Le vitrail, matériau vivant et poétique, offre une approche unique de la lumière, en constante évolution. Par un travail minutieux d’émaillage et de sablage, Elodie Vally, maître-verrier de la Maison Lorin, a cherché à apporter une nouvelle dimension aux techniques traditionnelles du vitrail, mettant ainsi en valeur le concept de mutation permanente. L’œuvre repose sur la superposition de deux éléments : un verre bleu, thermoformé sur un lit de plâtre, émaillé à 750°C, traité avec liberté et fluidité ; et un verre incolore, gravé au jet de sable, élaboré avec la rigueur d’un plan fonctionnel.
Chacune des œuvres représente un plan de la place, l’un historique et l’autre actuel, inscrivant ainsi son travail dans une réflexion globale sur l’évolution de l’espace urbain à travers le temps.
