Une expertise au service du bâti historique

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Publié le 31/01/2026

Des exemples de bâtis historiques : une maison à colombages, une figure d'un homme sauvage sculptée sur la console d'un poteau, une poutre d'un encorbellement portant la date 1541

C'Chartres Archéologie accueille régulièrement des élèves conservateurs de l'Institut national du patrimoine (INP) pour des stages de 5 mois, avec à la clé des résultats de recherches en fonction de leurs spécialités. En 2025, Ivan Lafarge, archéologue, a livré une passionnante étude du bâti du centre ancien de Chartres.


L'Institut national du patrimoine forme, depuis plus de 30 ans, les professionnels du domaine, en particulier les futurs conservateurs du patrimoine à la suite de l'obtention d'un concours. Au cours de leur formation, les élèves suivent plusieurs stages, dont un auprès d'un conservateur en poste. C'est pourquoi chaque année C'Chartres archéologie accueille un élève, en stage auprès du directeur Mathias Dupuis, avec pour objectif un projet de recherche bien défini.

Datation des édifices historiques de Chartres

L'élève (et néanmoins très expérimenté) de l'année 2025 était Ivan Lafarge, archéologue spécialiste du bâti ancien, qui a eu pour projet l'identification et la datation des édifices historiques chartrains. Il est d'abord parti du Système d'Information Géographique (SIG) de la Ville, qui en recense plus de 2000, de natures très diverses (du simple local à poubelles à la cathédrale Notre-Dame). Il a pu préciser ce recensement grâce à une observation méthodique des éléments morphologiques les plus marquants : formes des baies, des toits, des harpages, des pans de bois, etc. En lien avec le service Caves et cavités, il a également étudié les relations des bâtiments avec les caves. Tous ces éléments ont permis d'affiner les datations, au moins au siècle près, avec à la clé quelques surprises.

Un patrimoine architectural exceptionnel

La forte proportion de constructions ou reconstructions du XIXe siècle pouvait être attendue, car elle correspond à une grande phase de modernisation de la ville ancienne, à l'image de ce qui se passe à Paris à l'époque du baron Haussmann. En revanche, la différence entre le dynamisme du XVIe siècle et le repli apparent du siècle suivant était moins prévisible. On peut le comprendre comme une volonté des chanoines du chapitre de Notre-Dame, qui possédaient la majorité du foncier du cloître, de préserver leur patrimoine bâti érigé à la fin du Moyen Âge. Ainsi, leur choix s'est porté sur la rénovation intérieure plutôt que sur l'extension de leurs propriétés, dans un espace assez contraint d'ailleurs. Enfin, le Moyen Âge central (XIe-XIVe siècles) est peu représenté, du fait des difficultés de préservation de ce bâti quasi millénaire au fil des siècles.

D'une portée scientifique notable, ces résultats alimenteront la réflexion autour des questions de préservation et de valorisation de l'exceptionnel patrimoine architectural chartrain.

Ces résultats ont donc une portée scientifique notable, mais pas seulement. Ils permettront aussi d'alimenter la réflexion, pour les particuliers, les architectes du patrimoine et les collectivités, autour de ces questions de préservation et de valorisation, en particulier touristique, de l'exceptionnel patrimoine architectural chartrain.

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