02 March 2024
LinkedInFacebookrss

Ermenonville-la-Grande, c'est toute une histoire

Patrimoine, histoire, mémoire

Ermenonville-la-Grande, c'est toute une histoire

Chaque mois, focus sur une commune de l'agglomération, en suivant l'ordre alphabétique. Découvrez le patrimoine, l'histoire, la mémoire… d'Ermenonville-la-Grande !


L'église

Dédié à Saint Martin, l'édifice comprend une nef extrêmement ancienne. Les très étroites fenêtres, que l'on voit mieux du côté nord, sont aujourd'hui bouchées, à l'exception de l'une d'entre elles. Elles nous renvoient certainement à la première génération d'églises édifiées en pierre dans la région chartraine dans les années 1050.

C'est au XVIe siècle que l'on construit le nouveau chœur, plus lumineux, et qui adopte un plan polygonal, scandé par des contreforts. Au cours du même siècle, plusieurs fenêtres sont aussi ouvertes du côté sud.

Zoom

Ermenonville-la-Grande, c'est toute une histoire : Le petit porche couvert de l'église

Le petit porche couvert, que l'on appelle caquetoire, date probablement de la fin du XVIe siècle et présente un profil charmant avec ses angles coupés surmontés d'encorbellement.

Ermenonville-la-Grande, c'est toute une histoire : L'ancienne porte (bouchée) du cimetière

L'ancienne porte (bouchée) du cimetière, sur le flanc gauche, présente les signes d'une structure très archaïque (milieu XIe siècle), notamment le matériau du claveau central coloré et les pierres gravées qui donnent l'illusion de joints supplémentaires.

Les croix et le buis

Ermenonville-la-Grande, c'est toute une histoire : Une croix et du buis

Ermenonville-la-Grande a la chance d'avoir conservé son ancienne croix de cimetière, tandis que bien d'autres disparaissaient à la Révolution. Elle a rejoint un nouvel emplacement à l'extérieur du village, au milieu des tombes et de beaux arbustes de buis, taillés de façon traditionnelle. Cette croix en pierre date de 1726, comme l'indique l'inscription au revers. On y voit, au sommet d'une colonne ronde plus ancienne, un Christ aux formes tellement primitives qu'il en est émouvant. C'est certainement l'œuvre d'un artisan local.

Devant le cimetière, on découvre une croix en fer forgé qui occupait un ancien carrefour situé à quelques pas de là. Selon les plans anciens, huit chemins y convergeaient, dont certains d'intérêt « régional ». On l'appelait la croix boisée. Son nom apparaît sur des parchemins, sous la forme « crucem bussatam » (1272) ou « buxatam » (12 sept. 1290) : nul doute que cette croix était donc une croix « buissée », où la communauté villageoise déposait des rameaux de buis vert en signe de renouveau et d'espérance.

Mares et pompes

Ermenonville-la-Grande, c'est toute une histoire : Une mare

La topographie du terrain et la nature du sol expliquent la présence historique de nombreuses mares (plus de 23attestées vers 1775). Il n'en reste aujourd'hui que deux,  aux extrémités du village, auxquelles il faut rajouter celle du hameau de Luçon (où vous verrez de beaux rosiers).Celle de l'église a ses bords colonisés par plusieurs plantes de marais, dont les iris d'eau.

Ermenonville-la-Grande, c'est toute une histoire : Une pompe à roue

Quatre pompes à roue, fabriquées en fonte et livrées par les établissements Albert Lecomtede Chartres, peuvent encore être observées. L'une, au hameau de Luçon , est isolée dans les champs. Une autre, rue de la Malorne, porte une date (1888) et le nom du maire (Pipereau), qui en avait passé commande.

Fermettes en charpente et bauge

Ermenonville-la-Grande, c'est toute une histoire : Une fermette en charpente et bauge

Le village comprend une majorité de fermettes en silex et entourages en brique datant des années 1900 et qui alternent avec des pavillons plus récents. On y trouve cependant une dizaine de maisons beaucoup plus anciennes, dont l'ossature est réalisée en poutres et entre lesquelles le remplissage est fait de bauge (terre séchée, ici faiblement additionnée de paille). Proche de l'église, l'une d'elles a été restaurée en rendant apparentes les charpentes d'origine, où sont visibles – gravés – les signes de montage.

Mémoire(s) : Plusieurs seigneuries

On a parfois simplifié l'histoire du village, qui relevait, jusqu'en 1789, de plusieurs pouvoirs rivaux. L'évêque de Chartres détenait une partie du bourg, ainsi que l'église et les terres situées au sud-ouest (dont l'actuelle aire d'autoroute, dite de la Poêle Percée). Il y avait droit de « haute justice » (vie et mort), tout comme les moines de l'abbaye Saint-Père-en-Vallée (Chartres), dont relevaient d'autres ruelles et les champs situés au nord-ouest. Au nord de la croix boisée, ce sont les moniales de l'Abbaye de l'eau (Ver-lès-Chartres) qui percevaient les droits seigneuriaux, en limite d'un secteur sud-est, qui relevaient de seigneurs laïcs.

Tradition : La pierre d'Aulmont

Ermenonville-la-Grande, c'est toute une histoire : La pierre d'Aulmont

Cet étonnant bloc de grès ladère, dont on ne sait s'il doit être attribué à un dolmen ou s'il s'agit d'un phénomène naturel, est situé à quelques mètres du « tripoint  », où se réunissent les communes de Meslay-le-Grenet, Sandarville et Ermenonville , dont les limites n'ont (nous l'avons vérifié en archives) pas bougé depuis des siècles. Les folkloristes connaissent les nombreuses légendes liées à ce type de mégalithe, où apparaissent souvent les symboliques du repère immémorial et du contact avec les forces des ancêtres. Ainsi, en y invitant pour un repas, le 24 juin 2018, les comités des fêtes des deux villages voisins, les habitants remettaient très probablement leurs pas dans de (très) anciens rituels.

Mais aussi…

Le parcours de randonnée qui longe au nord du village le ruisseau de la Malorne est une échappée de nature, où l'on trouve beaucoup de marguerites et où plusieurs petits bois sont conservés.


Le saviez-vous ?

Le village n'a pas été créé par Ermenonde, sœur de l'évêque Saint Aignan (Ve siècle), comme le voulait la légende. La plus ancienne forme du nom, « Erminulfi villa » laisse deviner un chef aux origines franques (germaniques), puisqu'on y retrouve les racines « ermin » (puissant) et « wulf » (loup).