24 May 2024
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Dangers, c'est toute une histoire

Patrimoine, histoire, mémoire

C'est toute une histoire Dangers

Chaque mois, focus sur une commune de l'agglomération, en suivant l'ordre alphabétique. Découvrez son patrimoine, son histoire, sa mémoire...


L'église

Eglise Dangers

L'édifice, à la silhouette émouvante, est consacré depuis toujours à Saint-Rémi. Séparée des maisons du village de l'autre côté du vallon, et continuant probablement l'ancien site d'habitation, l'église est construite dès la fin du XIème siècle. La partie romane, édifiée en mœllons de silex et en blocs de grison (pierre brune, que l'on a utilisée notamment pour la façade et les contreforts), est remarquablement préservée. On y voit la totalité des (très) étroites fenêtres d'origine, dont certaines sont disposées à l'intérieur des contreforts. L'église avait été agrandie et élargie au début du XVIème siècle. De cette partie absidale, il ne reste aujourd'hui que quelques mètres, clôturés par un mur plat. À l'intérieur, les onze vitraux contemporains (2013) sont signés de Hervé Loire.

Le château

Chateau Dangers

Ce charmant manoir a connu une longue histoire. Héritier d'un petit fortin médiéval, il est construit aux alentours des années 1500 par Mathry Fleury (ou son fils), qui assume alors les fonctions de « seigneur de la mairie de Dangers ». De cette époque datent les deux tourelles d'angle, ainsi que les murs, qui présentent un beau décor losangé de briques rouges / noires, un procédé d'embellissement largement employé dans les régions du Perche et du Thimerais. En 1604, Miles de Baigneaux (dont la famille conserve Dangers du début du XVIe siècle aux années 1700) conclut un marché avec le maçon Gilles Pavie pour la « reconstruction » du « lieu seigneurial ». L'observation du bâti permet d'attribuer à ce second chantier le portail et les fenêtres, dont les encadrements en pierre adoptent le nouveau style Henri IV. Cette propriété privée ne se visite pas.

Mémoire(s) : les agriculteurs du néolithique

Hache polie Dangers

Les terres de Dangers ont probablement été défrichées et mises en culture dès le IIIe millénaire av. J.C., même s'il faut attendre le Moyen Âge, puis la fin du XVIe siècle, pour voir les bosquets avoisinants prendre leur configuration actuelle. Une hache en pierre polie, d'un grand format (plus de 20 cm), trouvée à la fin du XXe siècle lors de labours effectués à l'est du village, confirme cette ancienneté agricole.

Tradition : sanctifier les outils du quotidien

Tradition Dangers

Autrefois, les paysans frottaient sur les montants de la porte de leur église les lames de leurs couteaux, ceux des travaux des champs et ceux des repas. Ce rite, très répandu, était une façon « magique » de communiquer à leur maison et à leurs activités quotidiennes le pouvoir sacré de l'église, dont ils savaient qu'elle était elle-même bénie, et d'en obtenir ainsi protection. On voit encore, sur la petite porte latérale de l'église, une pierre de Roussard (un grès brun, plus tendre que le grison) qui a été profondément entaillée par plusieurs générations d'habitants.

Les mares

Mare Dangers

Les mares sont plus nombreuses dans cette zone du pays chartrain, ou les sols retiennent davantage les intempéries. Trois mares « publiques » existent encore dans le bourg, dont une proche de la mairie. Certaines mares étaient davantage consacrées à abreuver les troupeaux. D'autres, à l'eau plus claire (ainsi, la mare blanche) servaient aux lavandières.

Mais aussi...

Ferme Essarts Dangers

La ferme des Essarts, ancien siège d'une seigneurie, comporte encore quelques vestiges de l'ancien manoir. On y voit un beau chêne multi-centenaire.

L'ancien puits communal est situé dans une prairie, au bord du ruisseau du Tronchet.

Les piliers de brique, marquant les entrées des fermettes, sont nombreux à l'intérieur du village et datent pour l'essentiel des années 1850-1914.

Les volailles ont été une importante activité locale dans les années 1955-1990. Tom Morizeau continue à produire des œufs bio (Poules et Œufs) que vous trouvez aussi chez plusieurs commerçants chartrains.

Le sentier qui borde le ruisseau de la Miterne (au sud du village) est un beau parcours de randonnée.

Zoom sur la porte de l'église

Zoom porte Dangers

La porte de l'église est un joyau de l'art roman primitif (vers 1070), qui présente un intérêt majeur aux yeux des spécialistes, en raison de sa rareté. Sa structure combine le grison et le calcaire blanc, réservé aux parties sculptées. Deux colonnettes encadrent l'ouverture. Leurs chapiteaux se distinguent par un curieux décor « tapissant » à motif losangé. L'arcature en demi-cercle est composée d'un boudin, d'une torsade d'esprit celtique et d'un aplat sculpté de croisillons, chacun d'entre eux cantonné de quatre perles. La déroutante variété dans la dimension de ces croisillons (parfois regroupés par deux ou trois) est typique des plus anciens décors géométriques du Moyen Âge.

Zoom sur les douves du château

Les douves du château, dans lesquelles se reflètent les façades, sont encore présentes sur deux côtés de la « maison forte ». Plusieurs plans montrent qu'elles formaient encore vers 1900 un rectangle complet, l'accès à la porte n'étant rendu possible que par un pont. Utiles à usage défensif au Moyen Âge, les douves conservent au début du XVIIème siècle un rôle symbolique. Les Baigneaux ont longtemps revendiqué le titre « seigneurial » de Dangers auprès du Chapitre Notre-Dame de Chartres, dont ils étaient pourtant dépendants. L'appellation de « maire » est d'ailleurs créée au Moyen Âge pour désigner celui qui administre une localité au nom des religieux. L'analyse des archives nous apprend que huit autres petites seigneuries (!) se partageaient anciennement le territoire de cette paroisse.