16 avril 2024
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Gendarmerie : sur le terrain numérique, aussi

Sécurité

Gendarmerie sur le terrain numérique

Matthieu Rousseau, commandant de la compagnie de gendarmerie départementale de Lucé, explique comment l'outil numérique renforce le lien entre les citoyens et ses services, et contribue à lutter contre la cybercriminalité.


« Ce que nous souhaitons faire comprendre aux habitants, c'est qu'il n'est pas forcément nécessaire de se déplacer à la brigade pour s'entretenir avec les gendarmes et obtenir une réponse à ses questions ou effectuer un signalement. Une autre solution existe », explique Matthieu Rousseau. Cette solution, c'est l'outil numérique. Un outil du quotidien simple d'utilisation, qui fait gagner du temps et qui se révèle complémentaire du contact de terrain.

METTEZ LA SÉCURITÉ DANS VOTRE POCHE

« À destination du grand public, Ma Sécurité est une application pour smartphone du ministère de l'Intérieur et des Outre-Mer, développée conjointement par la Gendarmerie et la Police nationale. C'est le guichet unique de l'offre numérique de l'Etat en matière de sécurité, détaille le Commandant Rousseau. Gratuite, l'application Ma Sécurité oriente l'usager dans ses démarches, facilite le contact avec les unités de gendarmerie et de police, selon que l'on réside en zone rurale ou urbaine, transmet une information de qualité et de proximité, et ouvre l'accès à des fiches conseil et des alertes…

Autre exemple : la fonction « Besoin d'aide ? » vous guide instantanément vers le service approprié. Il est également possible d'accéder à un module de pré-plainte en ligne : il est indispensable que les citoyens se saisissent de ce dispositif, car il représente un gain de temps énorme pour eux, mais aussi pour nos services. Simplification, gain de temps, meilleure productivité : c'est du gagnant-gagnant. »

LA BRIGADE NUMÉRIQUE : 24H/24 ET 7J/7

Implantée à Rennes la brigade numérique (BNUM) répond aux questions des usagers, les accompagne et recueille leurs éventuels signalements. « Cette unité de gendarmerie est disponible 24h/24 et 7j/7. Son autre force, c'est qu'il ne s'agit pas d'un « chatbot » (intelligence artificielle) : c'est bien un gendarme en chair et en os, avec son expérience et ses qualifications judiciaires qui est disponible derrière son clavier », précise Matthieu Rousseau.

Véritable point d'accueil numérique des usagers, la BNUM est accessible via les sites et applications de la Gendarmerie nationale, l'application Ma Sécurité, cybermalveillance.gouv.fr, service-public.fr… La Gendarmerie nationale dispose également d'une « chaîne cyber » composée de militaires formés à la lutte contre la délinquance dans l'espace numérique.

LA LUTTE CONTRE LA CYBERCRIMINALITÉ : ENJEU DE SOCIÉTÉ

« Le premier échelon, ce sont les correspondants en nouvelles technologies, explique le Commandant Rousseau. Ces enquêteurs numériques de proximité sont dans nos brigades. A Lucé, quatorze cybergendarmes sont formés à ces tâches. Ils sont notamment habilités à extraire des données sur un téléphone portable ou un ordinateur, à effectuer de la cyberpatrouille… C'est un domaine dans lequel nous cherchons à former de plus en plus de personnels, car les besoins vont croissant. »

Ces enquêteurs sont en lien étroit avec les échelons supérieurs spécialisés dans les analyses de données. La Gendarmerie nationale dispose en outre d'enquêteurs sous pseudonyme (ESP), véritables spécialistes de l'infiltration virtuelle. Après habilitation, ils sont autorisés à se faire passer en ligne pour une autre personne (un enfant, un pédocriminel, un trafiquant, un revendeur d'objets volés...) pour débusquer et identifier les auteurs de crimes et délits. Le spectre des infractions traitées est large : pédopornographie, sextorsions, trafics en tous genres… « Les enquêteurs qui effectuent ces cyberpatrouilles prennent leur mission très à cœur : à chaque criminel identifié, ce sont des vies sauvées, des trafiquants et auteurs de tous types de vols neutralisés », observe le Commandant Rousseau.