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Cyril Robinson, un artiste aux multiples talents

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Vous avez probablement déjà eu entre les mains, sans le savoir, un objet dont le prototype a été réalisé par le Chartrain Cyril Robinson. Vous allez comprendre.

 

Pousser la porte de l’atelier (gardé secret), c’est comme entrer dans un magasin de jouets. Ou dans un musée. Partout, dans les vitrines, sur les étagères, dans des cartons ou sur les murs, on voit des figurines, des vaisseaux spatiaux, des décors reconstitués, des dioramas historiques… Et au-delà d’en prendre plein les yeux, on se dit : « Tiens, je l’avais celui-ci » ou « Mon fils la collectionne cette série » ou encore « Ça, je suis fan ! »

 

Installé à Chartres, Cyril Robinson, est difficile à faire entrer dans une case : dessinateur, peintre, sculpteur, modeleur, mouleur, maquettiste, modéliste… il est tout à la fois. Lui se voit précisément
comme un artiste et un créatif. Les cases, ça n’est pas trop son truc. Sauf quand il s’agit de bandes dessinées, dont il est un grand amateur. Mais revenons d’abord sur son parcours.

 

L’école non plus, ce n’était pas trop son truc. Alors à Paris, il la quitte à 16 ans et tente d’entrer au culot dans une école de prépa d’art. Féru de maquettes depuis tout petit, habile de ses mains (« A six ans, je reproduisais les personnages du Muppet Show en pâte à modeler… ») et ne manquant pas
d’imagination, il s’est déjà constitué un book en réalisant des décors pour des studios photos. La porte de la prépa s’ouvre. Elle aurait pu se fermer rapidement : l’administration s’aperçoit qu’il n’a ni le Bac, ni le niveau terminale.

Mais le talent est là et Cyril est autorisé à suivre les deux ans de la prépa. Sa route est tracée, mais il ne la suivra pas tout de suite. S’il termine sixième à la première phase « objet en volume » du concours des Arts Déco (devant plusieurs centaines de candidats), la seconde phase, « plus scolaire », aura raison de sa motivation.

Cyril Robinson, maquettiste – Chartres métropole

 

« Quand on a George Lucas et Star Wars dans son book, l’information circule vite… »

Pour des raisons alimentaires, il décroche un « vrai travail » et reste quinze ans chez Darty à Paris. Tout en poursuivant sa passion pour les maquettes, les décors et les figurines, pour « arrondir les fins de mois. » Né sous une bonne étoile, il rencontre un jour un client particulier, venu chez Darty acheter un ordinateur : c’est le directeur général des éditions Del Prado. Cyril lui montre son book. L’éditeur est bluffé. Et l’engage.

 

Passionné d’histoire, il sera d’abord conseiller technique en uniformologie chez Del Prado, avant de décrocher sa première collection : « Revivez la bataille d’Austerlitz », dont il réalise les prototypes de décors et de figurines en plomb. Après, tout s’enchaîne. Les Anglais lui confient le même travail pour « Relive Waterloo. » Puis ce sont les éditions Cobra qui font appel à ses talents pour réaliser les supports, décors et figurine accompagnant tous les véhicules de James Bond. En 2007, celui qui est né sous une bonne étoile se voit ouvrir les portes d’une galaxie lointaine, très lointaine : Star Wars. « L’éditeur de l’époque, Editions Atlas, peinait à faire accepter ses prototypes de vaisseaux par George Lucas à San Francisco, explique Cyril. Les produits faisaient de multiples aller-retour entre la France et les États-Unis, ça prenait un temps fou. Ils ont fait appel à mes services pour un premier vaisseau, qui a été validé tout de suite… Et pour les suivants, les équipes de Lucasfilm m’ont fait confiance en validant mes masters sur photo. » Cyril Robinson réalisera ainsi les prototypes en résine époxy puis le moulage près à être dupliqué en usine d’une grande partie de la collection, soit une cinquantaine d’engins spatiaux de la série Vaisseaux & Véhicules. « Quand on a George Lucas et Star Wars dans son book, l’information circule vite… »

Cyril Robinson, maquettiste – Chartres métropole

 

« Pas de limites techniques »

La collection M6 Interactif amènera Cyril à se pencher sur des univers aussi variés que Betty Boop, les phares de France ou les dioramas des métiers. TF1 lui confiera la modélisation de certaines parties de la Tour Eiffel à l’échelle 1/270e et Hachette la réalisation de véhicules délicieusement rétro. Les éditions Cobra permettront au mordu d’histoire de reproduire, d’après les célèbres tableaux représentant Napoléon Bonaparte, des figurines de 7 centimètres en pâte époxy qui seront commercialisées en métal. Le fan de BD prendra aussi plaisir à faire prendre corps aux figurines de Rahan, Spirou et Fantasio, Achille Talon… En 2019, nous espérons que c’est Gaston Lagaffe qui aura droit à sa collection. « La fille de Franquin, Isabelle, et le coloriste du dessinateur ont déjà adoré mon proto de la mouette rieuse perchée sur la calandre de la Fiat 509 de Gaston. »

 

« Si, au départ, j’étais plutôt sculpteur, j’ai rapidement croisé mes compétences en art, en technique, en histoire pour multiplier les savoir-faire, du dessin original à la sculpture en passant par le moulage, la mise en couleur, le scan numérique, jusqu’aux tirages pour l’usinage. Être capable de maîtriser
toute la chaîne de A à Z fait de moi un OVNI dans cet univers. Je n’ai ainsi pas de limites techniques. »

 

Et comme son imagination est elle-aussi sans limite, ça promet pour la suite…

 

Pour en savoir plus :

 


Article tiré du Votre Agglo #79, consultez-le en ligne.


Lieu

Chartres

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