26 juin 2019
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  • Votre Agglo #86 – Été 2019

Cathédrale de Chartres : des points de vues qui se défendent

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C’est une première en France : la cathédrale de Chartres, qui fête le 40e anniversaire de son inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco, fait l’objet de l’élaboration d’une directive paysagère. L’objectif : fixer les règles pour préserver les vues sur la cathédrale, dans un rayon de 25 kilomètres.

C’est une première en France : la cathédrale de Chartres, qui fête le 40e anniversaire de son inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco, fait l’objet de l’élaboration d’une directive paysagère. L’objectif : fixer les règles pour préserver les vues sur la cathédrale, dans un rayon de 25 kilomètres.

 


 

L e 21 octobre 1979, l’Unesco inscrivait la cathédrale de Chartres sur la liste du Patrimoine mondial, consacrant sa « valeur universelle exceptionnelle ». Plusieurs critères expliquent cette distinction. La qualité architecturale de la cathédrale constitue ainsi « l’expression totale et achevée d’un des aspects les plus caractéristiques du Moyen Age ». Elle est également reconnue pour avoir exercé une « influence considérable sur le développement de l’art gothique en France et en dehors. »

 

Mais son rapport à son environnement est également un élément constitutif de sa « valeur universelle exceptionnelle ». La cathédrale devait être un repère pour les fidèles du pays autant que pour les pèlerins. De fait, elle occupe une position remarquable dans la plaine de Beauce. Sa silhouette, observable à plus de 25 kilomètres aux alentours, constitue un signal particulièrement marquant dans le paysage, en parfaite résonance avec son environnement.

 

Or, en 2017, l’Unesco a alerté l’État sur la pollution visuelle des cônes de vues de la cathédrale de Chartres, constituée par différents ouvrages, notamment des années 50 à la fin des années 90 : multiplication des parcs éoliens, constructions massives et désordonnées de bâtiments à vocation économique, urbanisation intensive sans analyse de l’environnement, pylônes à haute tension… Autant d’obstacles portant atteinte aux vues sur le bâtiment, et à sa valeur universelle exceptionnelle aux yeux de l’Unesco.

 

La représentante locale de l’État, Sophie Brocas, préfète d’Eure-et-Loir, a donc lancé fin 2017 le projet de directive paysagère sur la protection des cônes de vues sur la cathédrale. Avec un objectif clair : définir les règles pour préserver ces vues, tout en permettant le développement urbain et économique. Une telle directive serait une première en France.

 

Le processus d’élaboration de cette directive se fait en concertation avec les collectivités, les associations, les représentants du monde agricole...

 

L’agglomération est fortement concernée : 61 des 66 communes de Chartres métropole sont dans l’aire d’étude du projet de directive, qui englobe au total 102 communes.

 

« Ne pas hypothéquer le développement de notre territoire »

 

« Je ne peux que me réjouir de l’élaboration de cette directive, observe Jean-Pierre Gorges, président de Chartres métropole. D’ailleurs, nous avons, dès 2006, intégré la protection des vues lointaines sur la cathédrale dans notre Schéma de cohérence territoriale (SCoT) de l’agglomération chartraine, cette constitution qui fixe les règles du développement de notre territoire. J’ai eu, et j’aurai encore, l’occasion de sensibiliser mes collègues maires de communes de Chartres métropole à cet enjeu. C’est important pour faire émerger un projet commun, surtout quand on sait que sur l’aire d’étude, 6 communes sur 10 sont de Chartres métropole, et que le document doit être validé par la majorité des collectivités. Nous comptons de nombreuses vues majeures dans l’agglomération. J’ai d’ailleurs demandé à l’office de tourisme de réfléchir à un circuit qui valoriserait ces vues. Pour autant, cette directive paysagère ne doit pas hypothéquer le développement de notre territoire. La protection des vues sur la cathédrale ne se fera pas au détriment d’une urbanisation raisonnée et réfléchie, indispensable à la dynamique globale du territoire. »

 

Pendant la phase d’étude et de recensement des vues à protéger, en cours, et depuis l’arrêté ministériel du 11 juin 2018 relatif à cette directive, certains projets (implantations de parcs éoliens, par exemple) sont gelés par l’État. À terme, la directive pourra permettre non seulement de préserver des cônes de vues sur la cathédrale, mais aussi, dans certains cas, d’en restaurer, voire, quand cela sera possible, de corriger des erreurs du passé.

 

Aire d'étude : projet de directive paysagère de Chartres

Cathédrale de Chartres : aire d'étude de la directive paysagère de Chartres – Chartres métropole

 

 


Article tiré du magazine Votre Agglo #83, consultez-le en ligne.


Lieu

Chartres

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