23 juin 2021
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Vous avez dit busard ?

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Biodiversité.

Crédit photo : Michel Brugière.

Buse ou busard ? Ne vous y trompez pas : il existe dans nos plaines plusieurs espèces de rapaces qui peuvent être confondues.

Le blé d’hiver a verdi la plaine, le colza pointe ses premières fleurs… Au loin, une silhouette de rapace plane assez près du sol. « Tiens, une buse ! » Mais en est-ce vraiment une ? Survolons le sujet. La buse variable est un oiseau plutôt forestier, qui s’accommode de l’alternance d’espaces ouverts de plaines et de boisements. Elle peut également fréquenter les grands parcs. Chassant à l’affût, elle a besoin de se poser en hauteur pour observer et trouver une proie. En l’absence d’arbre ou de poteau, on peut parfois l’apercevoir perchée sur une simple motte de terre.

La buse variable est présente toute l’année sur notre territoire. Son allure est assez trapue et son plumage peut varier du brun foncé au brun clair, d’où son nom.

Buse variable
Buse variable (© D. Keith)

En milieu agricole, on peut apercevoir des silhouettes de rapaces, de taille moyenne à grande, volant au ras des cultures. Il s’agit très probablement de busards. On en recense trois espèces chez nous : le busard des roseaux (le plus grand), le busard Saint Martin (de taille moyenne), le busard cendré (le plus petit).

Cette famille d’oiseaux de proie est caractéristique des milieux ouverts (landes, marais, prairie, champs de grandes culture). Les busards ont la particularité de nidifier à même le sol (un peu de blé écrasé et quelques rares branchages font l’affaire).

Busard des roseaux
Busard des roseaux (© Thierry Cense)

Busard Saint martin mâle
Busard Saint martin (© Michel Brugière)

Busard cendré
Busard cendré (© Thierry Cense)

Des effectifs en diminution

Le busard des roseaux est le premier à se reproduire dans l’année, avec une ponte en avril-mai. S’ensuit la reproduction du busard Saint Martin, avec une ponte en mai-juin, puis le busard cendré, migrateur revenu d’Afrique, qui verra ses jeunes naître au milieu des blés en juillet… soit en pleine période des moissons. C’est d’ailleurs un très gros problème pour les couples de busards cendrés : l’élevage des jeunes, qui restent au sol, est bouleversé par le passage des moissonneuses. De fait, le busard cendré est une espèce en très forte régression. Chaque année, des ornithologues les recherchent en plaine, localisent leurs nids, protègent les jeunes tout en sensibilisant les agriculteurs à cette problématique. Le changement climatique produit également des effets : la période des récoltes est de plus en plus précoce, impactant la reproduction des deux autres espèces de busards.

Sur le territoire de Chartres métropole, quelques communes font l’objet d’un classement en « zone de protection spéciale Beauce et Vallée de la Conie » (Boisville-la-Saint-Père, Denonville, Moinville-la-Jeulin, Saint-Léger-des- Aubées, Santeuil et Voise), déclinaison française du dispositif européen Natura 2000. Une attention particulière y est portée sur le busard cendré et des actions de préservation sont menées par l’Office Français de la Biodiversité et des associations de protection de la nature, dont l'association Hommes et territoires qui anime le dispositif dans le département. Le busard cendré y est en très forte régression, mais ses congénères voient également leurs effectifs diminuer.

Ces oiseaux sont pourtant des auxiliaires de nos cultures, car ils se nourrissent de micromammifères et de gros insectes phytophages. Leurs pattes fines et longues ne leur permettent pas d’attraper des proies plus grosses. Ils sont donc utiles pour lutter contre les ravageurs des cultures.

Quelques chiffres : en Eure-et-Loir, selon les estimations des naturalistes, le busard Saint Martin compte 300 à 400 couples, mais ces effectifs tendent à diminuer. Le busard des roseaux compte plus d’une trentaine de couples, avec une tendance à l’augmentation chaque année. Chez le busard cendré, avec moins de 20 couples, le seuil est critique. Lors de la campagne de prospection 2020, seul un couple de busard cendré a réussi à mener sa nichée à terme.