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Revitalisation du cœur de la zone urbaine : place à l'action globale

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Le 17 décembre 2019

Comment revitaliser le cœur du territoire de Chartres métropole, et notamment son activité commerciale ? C’est l’objectif d’un nouveau dispositif d’aménagement organisé dans le cadre de la loi ELAN de novembre 2018. Le Conseil communautaire vient de s’inscrire dans cette démarche qui englobe des quartiers de Chartres et aussi de Lucé et de Mainvilliers. Explications.

De nombreuses villes moyennes et petites du territoire national souffrent de désertification commerciale. C’est devenu un lieu commun.

Une étude récente montre que 90% des Français jugent essentiel le maintien de la vitalité des centres-villes. 82 % déclarent y aller régulièrement, 79 % vont y flâner, mais 57 % seulement déclarent aussi y consommer…

Les villes et les intercommunalités font des efforts en la matière, lancent des opérations d’urbanisme et soutiennent le commerce local autant que possible.

Mais on constate également que les délais de réalisation des projets d’urbanisme en France ne cessent de s’allonger : au cours des dernières décennies, ils sont passés en moyenne de 4 à 10 ans. Par comparaison, les études montrent que les projets se réalisent 3 fois plus rapidement en Chine et près de 2 fois plus en Allemagne.

En cause, la multiplication des intervenants et l’accroissement de la complexité administrative de gestion d’un projet : interviennent les collectivités, mais aussi nombre d’acteurs locaux (chambres consulaires, partenaires financiers publics ou privés, associations, etc.) et au bout du compte l’État, sans oublier la justice administrative qui arbitre à plusieurs niveaux successifs les divers recours qui eux aussi se multiplient…

 

Dépasser le seul cadre de l'hyper-centre chartrain

L’État a identifié 222 villes en France qui bénéficieront d’aides diverses regroupées dans un dispositif dit « Action Cœur de Ville » (ACV).

La Ville de Chartres n’avait pas candidaté mais elle a été retenue pour en bénéficier. Des études ont donc été lancées, pour analyser précisément le fonctionnement urbain et commercial. Très vite, elles ont démontré qu’il est nécessaire de dépasser le seul cadre de l’hyper-centre chartrain.

Le bon sens oblige à intégrer le Pôle gare, ce nœud vivant de toutes les mobilités dans l’agglomération. Et aussi tous les quartiers qui entourent directement cet ensemble et en font partie. Ils appartiennent non seulement à Chartres, mais aussi à Lucé et à Mainvilliers.

C’est tellement évident que, si vous ne connaissez pas les limites administratives de chaque commune, vous passez de l’une à l’autre sans même vous en rendre compte. Ces trois communes rassemblent d’ailleurs plus des trois-quarts des habitants de la zone urbaine de Chartres métropole.

 

Réflexion globale et cohérence d'action

Ces constats ne sont pas particuliers à votre agglomération, et l’État a donc fait voter une loi dite ELAN en novembre 2018 pour faciliter l’Évolution de la construction de logements, des projets d’aménagement urbain et des équipements Numériques (ELAN).

Cette loi crée ce que l’on appelle désormais l’ORT, l’Opération de revitalisation des territoires. À l’intérieur d’un périmètre défini, l’État, les collectivités locales, et tous les opérateurs-partenaires publics et privés, doivent désormais travailler ensemble, et non plus à côté les uns des autres ou l’un après l’autre.

Et au niveau des collectivités locales, c’est désormais la communauté d’agglomération Chartres métropole qui devient coordinatrice, chaque commune conservant bien sûr la maîtrise de son Plan local d’urbanisme (PLU).

« Cela va permettre aux maires et aux communes de fonctionner plus vite grâce à des procédures simplifiées et également grâce à un soutien financier sur certaines opérations. L’État et ses services vont nous aider à avancer, » commente Jean-Pierre Gorges, président de Chartres métropole.

À une réflexion globale va désormais s’ajouter une cohérence de l’action. Concernant particulièrement la revitalisation du commerce, la loi demande d’organiser la complémentarité et non la concurrence entre l’activité commerciale du centre-ville/cœur d’agglomération et celles des différentes zones commerciales qui l’entourent.

Cela vaut aussi pour l’organisation des transports publics et des mobilités : les lignes des futurs Bus à haut niveau de service (BHNS), qui circuleront sur des voies propres, desserviront à partir du Pôle gare aussi bien les quartiers voisins de Lucé et de Mainvilliers que le Plateau Nord-Est (les terrains de l’ancienne base aérienne 122) et le quartier de la Madeleine à Chartres.

 

Acteurs et décideurs rassemblés

C’est ce dispositif d’action globale que le Conseil communautaire vient d’adopter fin novembre.

Cela a des conséquences concrètes, par exemple sur les opérations de ravalement des façades menées par la Ville de Chartres dans son cœur historique : derrière les façades, ce sont parfois des immeubles entiers qu’il faut restaurer. Les aides fiscales type Denormandie ou celles de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (Anah) seront plus faciles à obtenir.

Le droit de préemption urbain sera renforcé, etc.. Enfin, la préfète du Département aura la possibilité de suspendre des projets commerciaux en périphérie.

Au lieu d’aménager au cas par cas, projet par projet ou commune par commune, alors que leurs territoires sont dans les faits imbriqués et que leurs populations parcourent la même zone urbaine, c’est désormais sur un territoire commun et à travers une vision globale que vont s’organiser l’activité commerciale, les transports et la mixité sociale. Avec des acteurs et des décideurs également rassemblés.