23 octobre 2021
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Plein phare sur la pollution lumineuse

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Biodiversité

Chartres métropole élabore actuellement sa « Trame nuit ». L’objectif est de réfléchir à la nécessité, ou non, de maintenir l’éclairage nocturne dans certains secteurs, dans un objectif de préservation de la biodiversité.

Observer le ciel étoilé un soir d’été… Voilà qui devient de plus en plus rare. C’est vrai en ville, mais aussi de plus en plus à la campagne. En cause : la lumière artificielle, omniprésente dans les espaces publics, les bâtiments, sur les panneaux publicitaires, dans les jardins…

L’alternance du jour et de la nuit rythme la vie des êtres vivants. Les espèces nocturnes ont développé leur vue, leur ouïe ou leur odorat : les chouettes et les hiboux sont dotés de grand yeux, les chauves-souris utilisent la technique du sonar pour repérer leurs proies et les obstacles, certains mammifères possèdent des cellules photo-réceptrices en très grand nombre… L’homme, de son côté, a créé l’éclairage artificiel. Ce dispositif, pour utile qu’il soit, provoque ce que l’on appelle une pollution lumineuse qui n’est pas sans effets. Car la lumière attire ou repousse certaines espèces, perturbe les relations prédateurs/ proies, ainsi que leurs déplacements, et a également une incidence sur les cycles biologiques de la flore. Chez l’être humain, les impacts de l’éclairage artificiel sont aussi réels, puisqu'ils dérèglent son cycle circadien.

Chartres métropole réalise actuellement un diagnostic pour créer une « Trame noire », ou « Trame nuit ». Il s'agit d’un ensemble de réservoirs de biodiversité et de corridors écologiques permettant aux espèces de réaliser l’intégralité de leur cycle biologique. L’objectif, qui est d'abord de préserver la biodiversité, permettra en outre de réaliser des économies d’énergie.

Que faire pour se prémunir de la pollution lumineuse ?

Le diagnostic en cours doit d’abord recueillir les données existantes sur l’éclairage et la biodiversité nocturne dans l’agglomération et les compléter par des inventaires de terrain. Les zones à enjeux seront ainsi identifiées et le réseau écologique d’obscurité le plus favorable possible aux espèces sera alors défini sur une cartographie à l’échelle du territoire. Ce travail permettra d’identifier les « points noirs » de cette trame et d'y proposer des actions ou mesures de gestion de l’éclairage urbain et rural. L’étude proposera en outre des indicateurs pour suivre et évaluer les effets des mesures prises et l’évolution de la pollution lumineuse sur le territoire.

Toutes les communes de l’agglomération font l’objet d’un enregistrement de l’activité des chauve-souris, espèce bien connue pour son activité crépusculaire et nocturne. En parallèle des inventaires sur la biodiversité, et plus particulièrement les chiroptères, le recensement des points lumineux a démarré. Il alimentera une base d’informations sur l’éclairage public la plus précise possible. Les enjeux d'éclairage seront superposés à la biodiversité nocturne théorique. Ainsi, la mise en œuvre concrète d’actions sur les équipements sera simplifiée.

Les résultats de cette étude, attendus pour la fin de l’année, seront destinés aux gestionnaires du parc public et des communes de Chartres métropole. Ils permettront la mise en place d'équipements adaptés à la gestion de l’éclairage artificiel pour préserver l’environnement.

Quelques exemples d’impacts de la pollution lumineuse

Les oiseaux migrateurs se repèrent grâce aux étoiles. Les éclairages des grandes villes perturbent leur sens de l’orientation : ils peuvent voler durant des heures autour de points lumineux, tels que des phares ou des grandes tours éclairées, et mourir d’épuisement.

En ville, la lumière dérègle le rythme circadien de certains petits oiseaux sédentaires, qui chantent toute la nuit jusqu’à l’épuisement.

Les insectes volant s’orientent également grâce à la lune et aux étoiles. Les points lumineux les attirent, mais constituent des pièges : ils meurent brulés par la chaleur des lampes, d’épuisement ou de prédation. Les araignées ont modifié leur comportement. En temps normal, elles tissent leur toile dans les recoins sombres. Mais en la tissant à proximité des éclairages, c’est la garantie d’attraper plus de proies ! C’est aussi ce qui explique que des chauves-souris sont attirées par la lumière.

Toutefois, certaines espèces sont lucifuges et la fragmentation de leurs habitats par la pollution lumineuse a un réel effet sur ces populations.

La flore n’est pas épargnée. Les fleurs éclairées sont moins visitées, ce qui a des répercussions sur la production et la reproduction des arbres et des plantes : moins de pollinisation = moins de graines et moins de fruits …