20 septembre 2020
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Né sous X : de l'ombre aux feux des projecteurs

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Habitant à Saint-Georges-sur-Eure, Sylvian Bonavita est né sous X à l’hôpital de Chartres il y a 47 ans. À la recherche de ses origines, il a tourné dans un long métrage sur le thème de l’adoption dans lequel il raconte son histoire.

« Né sous X le 24 septembre 1972 à Chartres » ; voici comment se nomme la page Facebook créée par Syvian Bonavita il y a cinq ans, dans l’espoir d’éclaircir le mystère qui entoure sa naissance. Resté en Eure-et-Loir, le quadragénaire a en effet été adopté à l’âge de six mois par un couple venu s’installer dans la région pour le travail.

« Mes parents n’arrivaient pas à avoir d’enfants alors ils ont décidé d’adopter. » Enfant unique, le jeune Sylvian grandit au sein d’une famille aimante qui ne lui cache pas la vérité sur son adoption. « Je l’ai toujours su, révèle-t-il. J’ai grandi avec et cela ne m’a jamais empêché d’être heureux. » Au contraire, il est même persuadé que c’est le meilleur service que ses parents adoptifs aient pu lui rendre. « L’apprendre sur le tard, c’est vraiment un choc », estime-t-il.

 

Une rencontre décisive

Aujourd’hui père de deux adolescentes, c’est à la naissance de sa première fille, il y a 17 ans, que Sylvian va réellement commencer la quête de ses origines. « S’il m’était déjà arrivé de me poser des questions, ce serait forcément le cas pour elle aussi. »

C’est ainsi qu’après avoir regroupé les maigres informations que contenaient son dossier à la DASS, Direction des affaires sanitaires et sociales, il décide de créer ladite page Facebook. « C’est par ce biais que Stéphanie Pillonca, une réalisatrice, m’a contacté, raconte le père de famille. Elle recherchait quelqu’un correspondant à mon profil, un enfant né sous X, pour un film documentaire sur l’adoption (C'est toi que j'attendais). »

Si, au début, il a été plutôt surpris, Sylvian Bonavita n’a pas tardé à accepter : « J’en ai parlé à mes proches qui m’ont tout de suite dit de foncer. C’était un coup de pouce du destin qui pouvait peut-être m’aider à retrouver ma mère biologique. »

Mais s’il a été choisi, ce n’est pas le fruit du hasard car avant lui, la réalisatrice avait déjà rencontré 90 candidats potentiels. « Ce qui lui a plu chez moi, c’est le contraste entre mon histoire, le fait que je ne connaisse pas mes origines, et ma personnalité. Je suis quelqu’un qui a beaucoup d’humour et qui a la pêche. »

Le travail de Stéphanie Pillonca, consiste en effet à explorer des sujets sensibles en délivrant un message positif, ce qui concorde parfaitement avec le personnage de Sylvian. « Ce n’est pas parce qu’on a vécu ce genre de choses que c’est fini pour nous, estime-t-il. Moi, je suis heureux dans la vie. »

 

Deuxième naissance face aux caméras

C’est donc comme cela que commence l’aventure de C’est toi que j’attendais, un film prévu pour octobre 2020 qui lui a beaucoup apporté tant dans ses recherches que sur le plan humain. « Ce projet a été un gros coup d’accélérateur pour mon enquête, explique le Saint-Georgeois. L’équipe a mis énormément de moyens pour explorer toutes les pistes et il y a eu des résultats. Nous avons notamment retrouvé une femme qui était présente à ma naissance et qui habite maintenant dans le nord. »

Le tournage, qui a duré environ neuf mois, lui a également permis de rencontrer deux couples sur le chemin de l’adoption, dont le long-métrage retrace aussi le parcours. « J’ai pu échanger avec eux sur ce sujet, c’était très enrichissant. »

Quand à la réalisatrice et son équipe, « ce sont devenus des amis, sourit-il. Même après le tournage, nous continuerons à nous voir. »

 

Ni jugement, ni haine

En se dévoilant ainsi au grand jour, Sylvian espère attirer l’attention de celle qui lui a donné la vie. « Dans ce genre de situations, beaucoup de mères ne se manifestent pas car elles pensent qu’on leur en veut, observe-t-il. Mais si un jour je la retrouve, je veux qu’elle sache qu’il n’y aura aucun jugement de ma part, ni aucune haine. »

Malgré ce désir, il garde la tête froide : « Ce serait simplement le livre qui pourrait se refermer, mais si ça n’aboutit pas, je continuerai à avancer. »

Pour lui, il s’agit également de faire passer un message à toutes les personnes qui ont un vécu similaire. « Beaucoup de gens sont dans mon cas, veulent savoir d’où ils viennent et n’osent peut-être pas demander. Je veux les y encourager car ils en ont le droit. »