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« Les traducteurs sont comme des comédiens » – Les gens de l'Agglo

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Installée à Lucé depuis 2005, Laure Hinckel est traductrice littéraire depuis 15 ans. Spécialiste du domaine roumain, elle compte aujourd’hui plus d’une vingtaine de romans traduits en français pour de grandes maisons d’édition et a fait découvrir au public de nombreux écrivains.

C'est d’abord en tant que reporter que Laure Hinckel a découvert la culture et l’histoire roumaines. Désormais traductrice littéraire, son métier est aujourd’hui de partager dans sa langue natale, le français, ses coups de cœur pour de grands auteurs roumains.

« J’ai été basée à Bucarest pendant dix ans, raconte-t-elle. J’aimais déjà la littérature et j’ai trouvé dans cette langue de nombreuses œuvres intéressantes. En 2004, j’ai donc décidé d’écrire des traductions pour que les Français puissent aimer ces auteurs comme je les aime. »

Le premier roman traduit était un roman de l’écrivain Dan Lungu, Le paradis des poules. « L’histoire
traite de la transition démocratique en Roumanie après 1990, elle met en scène de manière amusante des personnages qui vivent le passage du communisme à la démocratie. »

Depuis, l’ex-journaliste a traduit de nombreux autres textes. Le plus récent, Solénoïde, de l’écrivain Mircea Cărtărescu, a remporté un vif succès.

Actuellement, elle travaille sur un nouveau roman de Matei Visniec en espérant un succès identique au précédent, Le Marchand de premières phrases (Actes sud) qui a remporté en 2016 le prix Jean Monnet de Littérature Européenne.

 

L'écriture en traduction

Laure Hinckel décide de s’installer à Lucé en 2005. « Je suis lorraine, mais mes ancêtres maternels étaient Chartrains et certains viennent d’Illiers. Ici, j’ai trouvé le calme et l’inspiration auprès des grandes plaines et de la cathédrale ! »

En effet, l’inspiration est essentielle à son métier, qui demande aussi une concentration totale et un effort intellectuel conséquent. « Au cours d’une journée, il y a des heures privilégiées, tôt le matin ou le soir. Je n’ai pas vraiment de journée type, mais des règles de travail très strictes, comme des quotas de signes journaliers par exemple, pour pouvoir respecter les délais imposés. »

La principale difficulté de ce métier se situe dans ce qu’elle appelle « la part des anges ». « Cette expression est utilisée par les fabricants de Cognac pour désigner l’impondérable perte de volume d’un alcool au cours de son vieillissement. Pour moi, c’est un constat d’humilité : il y a une évaporation du texte lors du passage d’une langue à une autre. Il faut le savoir et si possible l’identifier. »

Pour limiter cette perte, le traducteur, avec ses propres termes, cherche à rendre le texte dans tout son sens et en respectant au maximum la sensibilité de l’auteur, c’est cela l’essence même de son travail.

« Comme l’a fait remarquer Antoine Vitez, les traducteurs sont comme des comédiens sur scène, ils transmettent un sens et des émotions à travers leur texte. »