05 mars 2021
Facebookrss
Connexion
Connexion
Afficher / masquer l'espace privé

Le Plan vert, c'est nature !

Imprimer la page
Partager la page

Biodiversité.

Soucieuse de préserver la biodiversité locale, Chartres métropole a lancé une étude visant à réduire l'impact de la pollution lumineuse des zones urbanisées.

Le schéma directeur du Plan vert de Chartres métropole, intégré au SCOT (Schéma de cohérence territorial) de l’agglomération chartraine, a recensé l’ensemble des espaces naturels des 66 communes du territoire.

« Le premier objectif du Plan vert est de protéger ces espaces, notamment en les inscrivant dans les documents d’urbanisme, expose Jean-François Plaze, vice-président de Chartres métropole en charge notamment du Plan vert, de la rivière et de la biodiversité. Le deuxième point vise à favoriser leurs connexions par des corridors écologiques, que l’on appelle trames vertes et bleues : trame verte pour les milieux terrestres, et trame bleue pour les milieux aquatiques. »

Toutefois, protéger ne veut pas dire « mettre sous cloche ». Dans le projet de territoire favorisant les déplacements doux (à pied, à vélo), il a semblé opportun d’utiliser ces corridors pour y développer les liaisons douces.

20 kilomètres de pistes

L’aménagement de la coulée verte de la vallée de l’Eure poursuit cet objectif, en assurant une continuité d’espaces naturels, en retrouvant une rivière plus fluide, en préservant des espaces de prairies et de bois, en maintenant l’activité d’élevage ou de pâturage, tout en permettant une continuité de parcours pédestre et cyclable. Près de 20 kilomètres de pistes douces ont ainsi été aménagées depuis 2003, pour le plus grand bonheur des promeneurs.

En 2019, un observatoire de la biodiversité a été intégré au schéma directeur du Plan vert afin d’aller encore plus loin dans ce domaine. Chartres métropole a même été reconnue en 2019 et pour 3 ans, « Territoire engagé pour la nature » pour ses démarches entreprises en faveur de la biodiversité.

Lancement d'un étude « trame de nuit »

« En zone urbaine (Chartres, Lèves, Champhol), ces cheminements sont très pratiqués d’un point de vue loisir et sportif, mais également pour des trajets domicile-travail ou domicile-école. »

La fréquentation y étant très importante, le choix a été fait de les éclairer, avec une extinction de l’éclairage entre minuit et 6 heures afin de respecter la vie nocturne des animaux. « Il peut arriver que la lumière reste exceptionnellement allumée suite à des dysfonctionnements, ou lors de manifestations. » Les aménagements à Saint-Prest, Jouy, Le Coudray, Luisant, Barjouville, Morancez ne sont en revanche pas éclairés.

Dans le cadre de l’Observatoire de la biodiversité et du Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET), Chartres métropole vient de lancer une consultation pour réaliser une étude « trame nuit ». L’objectif est de réfléchir à la nécessité, ou non, de maintenir l’éclairage public partout et toutes les nuits, de maintenir des corridors nuits ou noirs, toujours dans un objectif de préservation de la biodiversité. « Le ciel étoilé joue un rôle majeur pour les oiseaux migrateurs. La pollution lumineuse des agglomérations perturbe leurs trajectoires. Les impacts sont aussi notables chez l’être humain, chez qui le rythme circadien (l'alternance entre l'état de veille et de sommeil) peut être déréglé. »

87% d'espaces naturels et de terres agricoles

Entre assurer la sécurité des promeneurs et préserver la biodiversité, il convient de trouver le bon équilibre.

Un deuxième enjeu est de réduire la consommation électrique. Dans le cadre de sa compétence en matière d’éclairage public, Chartres métropole renouvelle progressivement partout dans l’agglomération le parc d’éclairage avec de nouvelles technologies (led, abaissement de puissance…). Cette démarche a également été entreprise sur les pistes du Plan vert. Certaines communes de l’agglomération ont déjà fait le choix d’éteindre tout ou partiellement l’éclairage. Cette décision relève du pouvoir de police du maire.

Sur le territoire des 66 communes de l’agglomération (86 374 ha), la superficie des zones urbanisées représente 7,3%, la superficie des espaces naturels (bois, prairies, étangs, rivière) représente 10,6 % et celle des terres agricoles 77 %. L’enjeu de la trame nuit est de réduire l’impact de la pollution lumineuse des zones urbanisées.

Ne pas entraver la mobilité des espèces

« L'éclairage nocturne influence négativement les espèces animales de multiples manières et menace la biodiversité. La lumière en attire certaines, comme les papillons nocturnes, et en repousse d’autres, à l’image des chauves-souris, qui se nourrissent pourtant de ces mêmes papillons ! »

En effet, près d’un tiers des vertébrés et environ deux tiers des invertébrés sont totalement ou partiellement nocturnes. La fragmentation de leurs habitats et la diminution des corridors nocturnes (espaces où les espèces peuvent se déplacer et se nourrir sans être gênées par la lumière) exercent un impact notable.

Ajoutée à la destruction des biotopes, l'apparition de ces obstacles entrave la mobilité des individus, nécessaire pour un brassage génétique indispensable à leur survie. Avancer l’heure d’extinction de l’éclairage public peut offrir aux chauves-souris une possibilité de se nourrir de manière optimale pendant leur pic d’activité. C’est important surtout l’été, quand les femelles allaitent leurs petits.

 


Autre nouvelle concernant le Plan vert : la passerelle des Bords-de-l'Eure

Le chantier du remplacement de la passerelle du parc des bords de l’Eure est reparti. Le nouvel ouvrage enjambant l’Eure avait été livré fin 2019, mais le dimensionnement des fondations proposées par l'entreprise n’avait pas été validé par les organismes de contrôle. Le chantier a dû être suspendu.

« La qualité des sols est très médiocre à cet endroit, précise Jean-François Plaze, vice-président de Chartres métropole délégué au Plan vert et à la rivière. Il s’avère nécessaire de descendre les fondations à 13 mètres de profondeur pour trouver un sol suffisamment portant. Le dessin très épuré de la passerelle est conçu avec un double appui de chaque côté, ce qui complexifie la répartition des descentes de charges et ajoute une contrainte d’efforts horizontaux qu’il a fallu prendre en compte. »

Après approfondissement des études, une solution de micropieux a été retenue. Sept micropieux de diamètre 250 mm seront réalisés sous chacune des deux culées.

Le chantier a redémarré le 11 janvier pour une pose de la passerelle envisagée au mois d’avril. Les abords de chaque côté de la passerelle seront ensuite repris pour permettre son ouverture, au mois de mai.