10 mai 2021
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La biodiversité baigne dans la mare

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Biodiversité.

Écosystème à part entière, la mare est un milieu aquatique, parfois temporaire, dans lequel interagissent des espèces entres elles et avec les composantes de ce milieu, ce qui fait d'elle un support de biodiversité essentiel.

Certaines espèces qui vivent dans les mares sont spécifiques. D'autres utilisent cet habitat pour réaliser une partie de leur cycle de vie : reproduction pour les amphibiens, vie aquatique pour les larves de libellules, ou simplement ressource en eau pour la petite faune locale.

La mare elle-même est en interaction avec son environnement immédiat : activités humaines, apports extérieurs en eau, en matière organique, en sédiments, en espèces ont un impact sur elle. Comme tous les habitats naturels, la mare évolue. Son évolution naturelle est le comblement : l'apport de sédiments, le dépôt lié à l'accumulation de vase ou en lien avec une végétation trop abondante sur les berges… Afin de garder de l'eau libre et de conserver un équilibre entre les espèces, il est nécessaire d'opérer une gestion adaptée, au cas par cas.

Sur le territoire de Chartres métropole, on recense 160 mares communales, 2 mares départementales et 300 mares privées. Le Conservatoire d'espaces naturel (CEN) Centre-Val de Loire réalise dans l'agglomération des diagnostics des mares communales dans le cadre d'une convention signée début 2020 avec Chartres métropole.

Ces diagnostics permettent de faire un état des lieux de la mare, de mettre en évidence les problèmes et d'apporter des solutions de restauration et de gestion. Parfois, une gestion raisonnée de la végétation aux abords de la mare, un peu de curage (dans les règles de l'art) et une restauration de berge avec quelques plantations d'espèces locales suffisent à relancer la dynamique de cet écosystème spécifique. Le choix des végétaux est essentiel : pas d'espèces exotiques, au risque d'avoir de mauvaises surprises… Le CEN et l'Observatoire de la biodiversité à Chartres métropole peuvent vous conseiller.

Zoom sur les amphibiens

Deux familles coexistent aux abords des mares et utilisent le point d'eau pour la reproduction : les anoures et les urodèles. Les anoures comptent parmi eux les crapauds et les grenouilles. Les urodèles regroupent quant à eux les tritons et les salamandres.

En France métropolitaine, il existe 43 espèces d'amphibiens. Sur le territoire de Chartres métropole, on peut observer le crapaud commun, le crapaud accoucheur, la grenouille verte ou rieuse, la grenouille agile ou la grenouille rousse, ainsi que des tritons (4 espèces : crêté, alpestre, palmé, ponctué). Ce dernier est d'ailleurs une espèce patrimoniale grandement menacée.

Les amphibiens vivent une grande partie de l'année cachés aux abords de la mare, sous des souches, des pierres, des tas de bois… Ils retournent au point d'eau en fin d'hiver pour pondre leurs œufs ou mettre bas leurs larves, comme la salamandre. Il est donc nécessaire de leur laisser des cachettes à proximité pour qu'ils n'aient pas besoin de traverser les routes à la recherche d'abris.

Chaque année, lors de la migration des amphibiens qui rejoignent les plans d'eau et les mares, la mortalité par écrasement est très élevée dans certains secteurs de l'agglomération, en particulier pour le crapaud commun. Les amphibiens souffrent aussi de la disparition de leurs habitats du fait du comblement des points d'eau ou du manque de végétation aquatique dans nos mares.

Bien souvent, nos mares communales sont un lieu convivial où il est facile de s'initier à la pêche. Car elles sont bien parfois peuplées de petits poissons : perches soleils, carpes, poissons rouges… Toutefois, les mares ne sont pas des habitats favorables pour eux. En cause, l'assèchement estival, le réchauffement de l'eau, le manque d'oxygène… Les poissons sont bien mieux dans les grands plans d'eau ou les cours d'eau qui proposent de meilleures conditions de vie !

Amphibiens et libellule présents dans les mares
Cliquer pour agrandir.

La mare « empoissonnée »

De plus, dans une petite mare, les poissons déséquilibrent complètement le fonctionnement de l'écosystème : ils consomment parfois les végétaux aquatiques et petits invertébrés. Ils produisent de la matière organique, mise en suspension dans l'eau. L'eau devient alors turbide et la lumière ne la traverse plus, ce qui rend l'installation et le développement de la végétation aquatique très difficiles.

Ce manque de végétation appauvrit le milieu en oxygène, l'eau se réchauffant vite accroit ce phénomène, les poissons meurent, etc. : un cercle vicieux !

Si vous souhaitez restaurer votre mare et favoriser la biodiversité, il est nécessaire de procéder en amont à une pêche de sauvegarde (les poissons pourront être transportés dans un milieu plus adapté) et surtout ne pas rempoissonner ! Vous pourrez, en remplacement de la pêche, observer beaucoup de vie autour de la mare restaurée : plantes, amphibiens, libellules, oiseaux…