20 septembre 2020
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La bière de Chartres remet sa tournée !

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La Bière de Chartres réapparaît ! Blonde, non filtrée, elle est riche des arômes d’une histoire qui fermente depuis plus d’un siècle. Bleue comme l’amour.

1880. L’Alsace n’est plus française depuis 10 ans, annexée par l’Empire allemand après notre défaite. Frédéric Hornung, brasseur à Wintzenheim, aurait pu envoyer son fils Albert apprendre son métier outre-Rhin, une patrie de la bière. Mais c’est à Orléans qu’il l’adresse à un brasseur pour lui apprendre le métier. Le jeune homme tombe amoureux de la fille du patron. Un mariage s’ensuit et le couple s’installe à Chartres où il rachète la Brasserie-Féculerie de François Legras, rue du Grand-Faubourg. Albert la développe et la modernise sur le site du premier Couvent des Cordeliers, abandonné par les moines depuis les guerres de religion au XVIe siècle.

Les anciens bâtiments conventuels ont disparu, mais les caves très profondes demeurent. Albert Hornung y installe sa salle de brassage et trouve aussi la fraîcheur propice à la fabrication de pains de glace, précieux à une époque qui ignore les réfrigérateurs. Cerise sur la futaille, l’endroit dispose d’un puits de 26 mètres, qui fournit une eau pure, essentielle à la fabrication d’une bière de qualité. La Bière de Chartres est née.

 

Quand on fêtait la Saint-Sirotin

1924. La famille Tribouillet ouvre sa Maison de Vins juste en face des établissements Hornung, qui couvrent plus d’un hectare et emploient jusqu’à 100 salariés. « Leur Bière de Chartres était distribuée dans ce qu’on appelle aujourd’hui la région Centre-Val de Loire, mais aussi en Bretagne, dans le Sud-Ouest, et même jusqu’en Afrique ».

Marie Tribouillet-Guyard raconte la disparition de la Bière de Chartres en 1953, étouffée par les bières industrielles qui se généralisent alors. Toute une époque s’achève rue du Grand-Faubourg. « Depuis plus d’un demi-siècle, le quartier vivait de la fabrication et du commerce des boissons, vins, bières et limonades en tous genres. C’était au point que ses habitants fêtaient chaque année la Saint-Sirotin, ça ne s’invente pas ! Les entreprises avaient chacune leur spécialité, leur métier. Aujourd’hui, seules restent debout les maisons de la rue Gabriel-Lelong, qui abritaient les cadres de l’entreprise. Madame Hornung, descendante de la famille, habite toujours l’une d’elles. »

 

Une identité locale revendiquée

La maison Tribouillet quitte également le Grand faubourg en 1974 pour s’installer à Gellainville. À deux reprises, des Chartrains tenteront de faire mousser à nouveau la Bière de Chartres, Benoit Pasquier le dernier au début des années 2000…

« Nous avons voulu remettre en avant notre patrimoine régional en l'associant à notre savoir-faire, dit Laurent Tribouillet, ce qui nous a conduit naturellement à relancer cette bière emblématique en la matière. »

Et Marie Tribouillet-Guyard d'ajouter : « Notre maison revendique son territoire d’origine. Nous sommes fiers de Chartres. Je suis profondément amoureuse de la cathédrale et aujourd’hui que nous avons des positions dans le commerce parisien, nous revendiquons notre identité au point d’organiser pour nos clients des visites de ce monument emblématique. Coïncidence ? L’étiquette originelle de la Bière de Chartres était d’un bleu lumineux. Le “Bleu de Chartres” ? Tout nous invitait donc à une relance, au moment où des bières locales surgissent depuis quelques années un peu partout en France. »

 

Blés de Beauce

Alors, la famille Tribouillet cherche l'eau pure indispensable à l'élaboration d'une bière de qualité, et trouve en Jean-Marie Kessler un maître-brasseur alsacien expérimenté. Comme un retour aux sources...

« Avec lui, nous avons élaboré un cahier des charges qui comprend notamment le traçage très précis des blés de Beauce qui sont à la base de la renaissance de la Bière de Chartres. De même, nous avons repris l’affiche d’origine avec le serveur et son plateau, dessinée dans les années 20 par Gérard Saulou, O.K. Gérard de son nom d’artiste, et affichiste bien connu alors. »

La Bière de Chartres nouvelle manière n’est pas filtrée, pour en mieux conserver tous les arômes, une pratique similaire à celle de bien des vignerons contemporains, amoureux de vins bio et nature…

Laurent et Marie Tribouillet souhaitent que la Bière de Chartres rayonne à nouveau, à Chartres et ailleurs. Vous la trouverez donc dans votre ville, dans les cafés, les restaurants, chez les cavistes (Cave Saint-Lubin) et dans les épiceries fines, mais aussi dans le département et même à Paris.

Une bière à voir la vie en bleu... de Chartres.