25 octobre 2020
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Filière agricole : le salarié agricole, un métier à ciel ouvert

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Un métier, des besoins.

L'activité agricole d'aujourd'hui est moins le fait d'un agriculteur réalisant l'ensemble des tâches sur son exploitation, que d'un système complexe d'activités et de fonctions accomplies aussi bien par l'exploitant que par des tiers, salariés ou prestataires.

Cette mutation révèle les transformations profondes de l'organisation du travail en agriculture et témoigne de la capacité d'adaptation du secteur.

Le premier volet de notre série sur les métiers de l'agriculture est consacré aux salariés agricoles. Olivier Vasseur nous a ouvert les portes de sa ferme à Bailleau-L'Évêque.

Entretien avec Pierre Vivien, salarié.

Votre Agglo : Quel chemin vous a conduit vers le métier de salarié agricole ?

Pierre Vivien : Je suis passionné par l'agriculture depuis que je suis enfant. J'habitais en campagne, entouré de concessions agricoles, bercé par les tracteurs. C'est donc naturellement que j'ai décidé de faire de ma passion mon métier. J'ai obtenu un BP Responsable d'exploitation agricole au CFPPA de La Saussaye en réalisant mon apprentissage au sein d'une ferme céréalière.

VA : Pourquoi avoir choisi de devenir salarié agricole au sein de cette exploitation ?

PV : A ma sortie d'études en 2016, tout s'est enchainé très vite. Par le biais de la Chambre d'agriculture, j'ai postulé dans trois exploitations, et obtenu autant d'entretiens. Mon choix s'est porté sur l'exploitation d'Olivier, séduit par sa volonté de me donner de l'autonomie et des responsabilités.

VA : Comment s'organise le travail entre vous ?

PV : Les journées ou les semaines s'articulent autour de briefs et d'échanges. Ensuite, mon organisation sur l'exploitation est libre, sachant que nous faisons des points très réguliers sur l'avancement des travaux. J'organise donc mes journées, mes horaires en fonction des priorités et des aléas climatiques.

VA : Quelles sont les compétences requises pour être un bon salarié agricole ?

PV : Il y a bien sûr les compétences techniques : conduite, maintenance, entretien, traitement, semis... Ensuite, il faut être organisé, autonome, consciencieux, calme, observateur, à l'écoute du matériel et flexible. En fonction des conditions météo, il faut savoir prioriser et ajuster les horaires.

VA : Vous n'employez pas la notion de courage ?

PV : Non, car je n'estime pas que nos métiers demandent un « courage » particulier. Je trouve bien plus courageux les salariés qui vont à l'usine tous les jours que nous, qui avons la chance de travailler dans des champs à ciel ouvert. Parlons davantage de motivation que de courage.

VA : Quelles sont vos conditions de travail ?

PV : Il n'existe pas de journées types dans l'agriculture. Il peut m'arriver de commencer à 6 heures et de terminer à 14 heures ou de finir à 20 heures certains soirs. Là aussi, je suis très autonome. Ceci dit, en fonction des exploitations, le métier de salarié agricole varie. La jauge va être le degré d'autonomie en fonction de l'implication de l'exploitant. Le salarié pourra tout à fait être en grande responsabilité comme simple exécutant.

VA : Qu'est-ce qui vous plait dans votre métier ?

PV : La nature, être dehors, travailler avec le vivant, le matériel. J'ajoute également que ce n'est pas un métier isolé. Les moments de partage sont nombreux. D'ailleurs, l'ASA 28 (Association des Salariés Agricoles de l'Eure-et-Loir), qui accompagne les salariés agricoles, me permet d'évoluer constamment grâce aux formations et aux échanges mis en place.

Cela aide à connaitre les évolutions réglementaires, à échanger avec les techniciens. Pour les jeunes qui veulent se lancer et qui craignent d'être isolés, c'est un gage de sécurité et de soutien.

Zoom sur l'exploitation agricole d'Olivier Vasseur

Comprendre comment fonctionne la nature et en tirer parti. Voici comment Olivier Vasseur conçoit l'agriculture d'aujourd'hui.

Installé depuis le 1er février 2015, ce jeune agriculteur de 37 ans, marié, deux enfants, double actif a décidé de spécialiser la ferme dans la multiplication des semences en fonction des besoins des clients : blé, orge, triticale, épeautre, pois, dactyle, lentilles. Surtout, Olivier Vasseur souhaite inscrire son exploitation dans une démarche engagée.

Biodiversité

Au sein de la ferme, les parcelles sont divisées par des bandes mellifères. Les plantes mellifères sont les plantes produisant de bonnes quantités de nectar et de pollen de bonne qualité et accessibles par les abeilles. Sur 3,5 km de long, cette bande permet le travail d'un apiculteur qui entretien 8 ruches. L'effet est très intéressant dans le cadre de la biodiversité.

Engagement

Faisant partie du réseau Ferme Dephy, l'exploitation s'engage également dans une démarche volontaire de réduction de l'usage des pesticides. Un des leviers de réussite : la diversification. « Depuis que j'ai repris l'exploitation, nous sommes passés de 4 à 11 cultures, en attendant l'arrivée d'autres cultures, encore », précise Olivier Vasseur.

Filière agricole : exploitation agricole d’Olivier Vasseur – Chartres métropole