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Femmes pilotes : une passion à travers les générations

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À l’occasion de la Journée des femmes, le dimanche 8 mars, l’aéroclub de Chartres ouvre ses portes aux visiteurs et met à l’honneur les figures féminines de l’aviation. Pour l'occasion, nous avons rencontré deux femmes pilotes, toutes deux membres du club, qui retracent leur parcours.

Cécile Crézé : profession pilote de ligne

Cécile Crézé, jeune trentenaire, est pilote professionnelle depuis trois ans. Elle a débuté pour la compagnie EasyJet, pendant un an, puis a poursuivi chez Air France, pour qui elle travaille depuis un an et demi.

Chartraine d’origine, elle a été pendant deux ans instructrice de vol bénévole à l’aéroclub local et continue à y donner des cours, quand son emploi du temps le permet. Revenir au club est toujours un plaisir car, pour Cécile, c’est là que tout a commencé.

« Quand j’étais en première année de prépa, j’avais 19 ans. J’ai participé à un vol d’initiation à l’aéroclub de Chartres. Ça m’a tout de suite plu et je m’y suis inscrite. »

 

L'apprentissage du métier

Par la suite, l’aviation deviendra pour elle une véritable vocation. « J’ai découvert un concours qui permettait d’entrer à L’ENAC (Ecole nationale de l’aviation civile) pour devenir pilote de ligne, raconte la jeune femme. Je l’ai raté la première fois mais je l’ai eu la deuxième et j’ai pu intégrer cette école, d’où je suis sortie diplômée en 2012. »

Sa formation, d’une durée de trois ans, se décompose en cinq modules d’apprentissage différents. « D’abord, nous avons plusieurs mois de formation théorique ; après, nous apprenons à voler sur des petits avions avec des repères au sol, ce qu’on appelle le vol à vue ; puis nous passons au vol aux instruments, là nous sommes dans les nuages sans visibilité et nous utilisons le GPS pour nous repérer ; ensuite, nous avons une petite formation courte sur des bimoteurs ; et enfin, nous apprenons à travailler en équipage sur des simulateurs. »

Le diplôme obtenu lui vaut l’équivalent d’un bac+3. Cécile suivra ensuite une formation d’instructrice pour pouvoir enseigner à l’aéroclub, avant de se lancer dans le monde du travail.

 

« Seulement 7% de femmes pilotes »

En 2017, la jeune pilote lance officiellement sa carrière, à bord de courts et moyens courriers. Là, elle découvre une profession majoritairement masculine. « Chez EasyJet comme chez Air France, il y a seulement 7% de femmes pilotes, souligne-t-elle. C’est en train de changer, mais ça prend du temps. »

Pourtant, loin d’être fermé aux femmes, le métier s’adapte de mieux en mieux à elles. « Il n’y a pas de problème d’inégalité des salaires et au contraire, de plus en plus de choses sont mises en place pour nous faciliter la vie, notamment en ce qui concerne maternité, remarque Cécile. En tant que femme, je n’ai jamais rencontré de difficultés particulières. »

Pour elle, s’il y a peu de représentantes féminines de sa profession, c’est tout simplement qu’elles n’y pensent pas. « C’est vrai que dans la représentation générale, le pilote est souvent vu comme un homme, c’est pour cela que celles qui en auraient l’idée ne doivent pas hésiter à venir se renseigner dans les aéroclubs où elles seront orientées. »

 

Gisèle Tourneur : pilote par passion

Véritable pilier de l’aéroclub de Chartres, Gisèle Tourneur, 76 ans, en est membre depuis 52 ans. Pilote amateur depuis ses 22 ans, elle est arrivée dans la région en 1968 pour pouvoir continuer à voler, passion qu’elle poursuit depuis son plus jeune âge et à laquelle elle a consacré toute sa vie.

« Mon père adorait les avions, même s’il n’en a pas fait son métier. Quand j’étais petite, il y avait de grandes fêtes aériennes. Il y faisait des baptêmes de l’air mais pas moi, car j’étais trop petite. Un jour, j’ai quand même pu toucher un avion qui était posé au sol et là, j’ai eu le coup de cœur. »

 

Du rêve à la réalité

L’idée de monter dans un avion ne la quittera plus jamais. L’année de ses 21 ans, alors qu’elle travaille à l’usine en région parisienne, Gisèle s’offre son premier baptême de l’air, à Orly. « J’étais aux anges » raconte la pilote.

Et ce n’était que le début. « En écoutant mon transistor, j’ai entendu l’histoire d’une femme agricultrice qui apprenait à piloter. J’ai pris contact avec Radio Luxembourg et ils m’ont conseillé d’aller à l’aéroclub de Paris. »

Gisèle y rencontre un instructeur qui la présente au club des IPSA (Infirmière, pilote, secouriste de l’air de la Croix Rouge française), où on lui propose de l’emmener voler. « Pour moi, c’était celui-là mon vrai baptême de l’air ! » se souvient la septuagénaire. Elle s’inscrit au club, au sein duquel elle fait beaucoup de bénévolat.

Au bout de deux ans, en mai 1966, elle obtient son brevet de pilote (non professionnel). « Cette année-là, j’ai pu participer au tour de France des jeunes pilotes. Nous sommes parties à deux, le seul équipage féminin ! »

 

Tout pour l'aviation

Pour pouvoir continuer à voler, Gisèle devra plusieurs fois changer de métier. « L’aviation coûtait cher, je n’avais que mon petit salaire d’ouvrière. Pour le brevet, j’avais déjà dû investir 2 000 anciens francs en me serrant la ceinture. »

Après une première expérience mitigée dans une entreprise, elle finit, grâce à ses contacts du club, par trouver du travail dans le groupe d’assurances AG2R à Chartres, où elle restera 36 ans, jusqu’à sa retraite. « J’ai beaucoup évolué dans cette entreprise, j’y ai entre autre appris la micro-informatique et à la fin de ma carrière j’avais un bon poste. L’aviation m’a beaucoup apporté finalement car j’ai pu évoluer socialement et réaliser mon rêve d’enfant. »

Aujourd’hui, Gisèle continue encore à voler accompagnée, car après tout c’est ce qu’elle fait le mieux. « Avant même de savoir conduire, j’avais déjà appris à piloter. »

 

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