17 janvier 2021
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Faune et flore à la reconquête de la Vallée des joncs

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Biodiversité.

Entre La Taye, hameau de Saint-Georges-sur-Eure, et Fontenay-sur-Eure, une opération de reconquête de la biodiversité a été menée.

En décembre 2017, l’Agence de l’eau Seine Normandie a lancé un appel à projets visant à aider financièrement des initiatives de préservation et de restauration de la biodiversité dans les territoires.

Chartres métropole, et plus précisément la direction du Cycle de l’eau, a proposé un projet pilote de reconquête de la biodiversité dans la Vallée des joncs, milieu récepteur des eaux traitées de la station d’épuration de La Taye.

C’est ainsi qu’en 2018 ont démarré des travaux pour un projet d’envergure, mené nulle part ailleurs sur le territoire : utiliser la présence permanente de l’eau dans une vallée agricole pour augmenter son potentiel d’accueil pour la biodiversité.

État des lieux de la flore et de la faune et des caractéristiques du fossé

Mandatée par Chartres métropole, l’association Eure-et-Loir Nature a réalisé les premiers relevés botaniques et faunistiques. L’étude a démontré que des travaux d’amélioration de l’état des berges et du fond du fossé seraient bénéfiques pour l’installation d’espèces semi-aquatiques comme les libellules et les amphibiens. Dans le fossé, des relevés topographiques et morphologiques des berges ont été menés.

Les ouvrages bloquants pour l’écoulement de l’eau et des sédiments ont été relevés afin d’être supprimés ou modifiés.

Restauration hydro-morphologique de la Vallée des joncs sur 1,3 km

Au cours de l’été 2018, bulldozers et pelleteuses se sont activés pour redonner à la Vallée des joncs une configuration propre à recevoir un écoulement d’eau et une végétation typique des zones humides : joncs, iris d’eau, menthe aquatique, myosotis des marais… Une vingtaine d’espèces de plants d’hélophytes ont été implantées dans la Vallée.

La végétation du fond de fossé sera propice à l’installation d’une faune adaptée : insectes aquatiques, libellules et demoiselles, amphibiens et oiseaux.

Autre rôle important : la végétation permet aussi d’améliorer la qualité de l’eau en piégeant certaines substances dans leurs rhizomes : on parle de phyto-épuration.

Sur les berges, des arbres et arbustes ont été plantés en janvier 2019 : 19 essences toutes adaptées aux conditions biogéographiques du territoire telles que des saules, du sureau, des aubépines etc. Les arbres et arbustes offriront de l’ombrage, de la nourriture et des zones de refuge pour la petite faune de plaine.

Création d’une zone de rejet végétalisée en amont de la Vallée

À la fin de l’été 2019, une Zone de rejet végétalisée (ZRV) a été aménagée. Il s’agit d’une installation qui favorise le plus possible les processus épuratoires en faisant circuler l’eau entre plusieurs bassins en sortie de station d’épuration.

Les berges d’une ZRV peuvent avoir des formes variées et sont végétalisées avec des hélophytes visant à créer des niches écologiques diversifiées. L’eau ayant transité dans cette zone humide rejoint la Vallée des Joncs.

Zone de rejet végétalisée en amont de la Vallée des joncs.

Un potentiel bénéfique pour la biodiversité

Cette Zone de rejet végétalisée est accueillante par exemple pour les libellules, les amphibiens et les oiseaux.

Cette année, 34 espèces d’oiseaux ont pu être observées sur le site. Deux d’entre elles, dont la nidification n’est pas commune en Eure-et-Loir, auraient niché sur le site. Il s’agit du Vanneau Huppé et du Petit Gravelot.

Un autre oiseau, dont la présence est normalement observée pendant les périodes de migrations en Eure-et-Loir, a été vu pendant l’été sur le site de la Vallée des joncs : le gorgebleue à miroir. Il se nourrit d’insectes près des zones humides : une nidification serait une première dans le département !

La faune de plaine, tel le chevreuil, y trouve également de quoi se nourrir, s’abreuver et se cacher.

En 2020, c’est un cortège de près de 13 espèces de libellules et demoiselles qui s’est installé sur le site.

Le suivi biologique démarré cette année se poursuivra pendant cinq ans. Il permettra de valoriser les effets positifs pour la biodiversité de ce projet pilote de Chartres métropole.

Libellula depressa.
Libellula depressa.

Sympetrum sanguin.
Sympetrum sanguin.

Gorgebleu à miroir.
Gorgebleu à miroir. Crédit photo : Michel Brugière.

Petit gravelot.
Petit gravelot. Crédit photo : Michel Brugière.

Vanneau huppé.
Vanneau huppé. Crédit photo : Michel Brugière.