30 juillet 2021
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Du miscanthus pour protéger la ressource en eau

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Cycle de l'eau.

Les plantations effectuées fin avril dernier contribueront à préserver la qualité de l'eau du forage d'eau potable de Mérobert, situé à Saint-Georges-sur-Eure.

À l'ouest de Saint-Georges-sur-Eure, la petite église d'Orrouer, isolée au milieu de la plaine, sera bientôt bordée par un champ de miscanthus. Cette plante étonnante, à la croissance rapide, est destinée au paillage ou aux chaudières à biomasse.

En cette fin avril, une vingtaine de personnes était présente pour ce chantier de plantation, répondant à l'invitation d'Alain Bellamy, vice-président de Chartres métropole délégué à l'eau potable, et Léo Berte, chargé de la protection de la ressource en eau à Chartres métropole.

« Le miscanthus représente en effet une valeur sûre pour la qualité de l'eau, explique Alain Bellamy. S'il nécessite un minimum de traitement à la plantation, il devient vite autonome et n'a plus besoin que de l'eau de pluie pour produire ses longues tiges dotées de feuilles étroites qui tombent à l'automne et assurent la fertilité du sol. Ainsi, cette plantation contribuera à la protection du forage d'eau potable de Mérobert, tout proche d'ici, sur la commune de Saint-Georges-sur-Eure. »

« Heureux de faire quelque chose pour la qualité de l'eau »

Installé depuis plus de 30 ans à Chuisnes, près de Courville-sur-Eure, Albert Charpentier cultive 160 hectares de surfaces agricoles, dont la moitié à Orrouer. Curieux de tout, il s'interroge sur la résilience de son exploitation et s'intéresse aux cultures de diversification possibles, comme les pommiers à cidre, qu'il a cultivés jusqu'en 2015, et le miscanthus qu'il n'avait pas encore pu implanter, en raison de l'aménagement foncier en cours.

Désireux de tester cette culture, Albert Charpentier, après échange avec la cellule de la Protection de la ressource en eau de Chartres métropole, a choisi d'implanter son miscanthus sur une parcelle très sensible à l'infiltration des polluants située sur l'aire d'alimentation du captage de Saint-Georges-sur-Eure. Son engagement pour la protection de la ressource en eau lui permet de bénéficier d'une aide. « Sur un coût d'implantation de 3 200€ à l'hectare, je perçois une aide de l'Agence de l'eau de 1 200€ par hectare », détaille-t-il.

C'est l'entreprise locale Novabiom qui a assuré la fourniture et la plantation des rhizomes sous le regard attentif de l'exploitant agricole. « Je suis heureux de faire quelque chose pour la qualité de l'eau », complète Alain Charpentier, qui, pour limiter encore plus les risques de pollution, va emprunter la herse étrille d'un voisin afin d'éviter le désherbant chimique, théoriquement nécessaire la première année. Première récolte prévue dans deux ans. On pourra bientôt aller chercher son paillage à la ferme…

« Vers des paiements pour services environnementaux destinés à rémunérer les agriculteurs pour protéger la qualité de l'eau souterraine »

Alain Bellamy, vice-président de Chartres métropole en charge de l'eau potable :

« Afin de répondre à son besoin de solutions durables pour préserver la qualité de l'eau souterraine tout en maintenant une activité agricole viable, Chartres métropole a répondu à l'appel à manifestation d'intérêt de l'Agence de l'eau Seine-Normandie sur les paiements pour services environnementaux (PSE).

» Ces paiements, entièrement pris en charge par l'Agence de l'eau, visent à rémunérer les exploitations agricoles dont les pratiques répondent à un enjeu environnemental comme celui de la ressource en eau. Le miscanthus est l'une des cultures jugées peu impactantes pour la ressource en eau et proposées au titre du projet de PSE de Chartres métropole.

» Ce dernier doit être validé par l'Agence de l'eau et le ministère de la Transition écologique avant sa mise à disposition des agriculteurs concernés par une aire d'alimentation de captage d'eau potable. 412 agriculteurs sont actuellement concernés dans notre agglomération. Monsieur Charpentier est l'un d'eux, et pourrait ainsi bénéficier d'une aide au maintien de son miscanthus pendant cinq ans. »

Novabiom : un acteur national du miscanthus pour un atout local

Depuis 2006, Novabiom est à l'origine d'une grande majorité des 7000 hectares de miscanthus plantés en France.

Basée à Champhol, cette entreprise de 15 salariés en développement noue des partenariats avec les agriculteurs, offrant des solutions d'accompagnement pour l'implantation, la culture et la commercialisation du miscanthus. Elle produit les rhizomes de cette plante vivace, peu exigeante et peu maladive. La variété produite, Miscanthus giganteus, géante avec ses 3 à 4 mètres de hauteur, est stérile et non invasive.

Elle est implantée au printemps et reste en place une vingtaine d'années. Elle est récoltée sèche en début de printemps pour servir de paillage horticole, de litière animale en vrac ou en balles après dépoussiérage ou de combustible pour les chaudières biomasse. D'autres utilisations pourraient voir le jour prochainement, notamment avec son intégration dans des biomatériaux.

Les producteurs peuvent aussi commercialiser eux-mêmes leur production en sacs grâce à un système d'échange et une chaîne de conditionnement mise en place par Novabiom à Champhol.

Le PCAET en action

Cette action entre dans le cadre du Plan Climat Air Énergie Territorial de Chartres métropole (PCAET). Adopté le 28 janvier 2021, il comporte 30 actions concrètes visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre sur le territoire, la dépendance aux énergies fossiles et à s’adapter aux impacts du changement climatique.