30 juillet 2021
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Berchères-les-Pierres, c'est toute une histoire

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Dans vos communes.

Chaque mois, focus sur une commune de l'agglomération, en suivant l'ordre alphabétique.

Découvrez le patrimoine, l'histoire, la mémoire… de Berchères-les-Pierres.

Les carrières

Berchères-les-Pierres : la carrière de Garenne

Le site de La Garenne, au nord du village, a été exploité pendant plus d'un millénaire. On y trouve une pierre calcaire de grande qualité, qui a servi pour l'édification de nombreux bâtiments de Chartres et ses alentours, au premier plan desquels la cathédrale elle-même.

En quoi cette pierre de Berchères est-elle si particulière ? Formée par sédimentation à l'époque de l'Aquitanien, entre 23 et 20 millions d'années, elle s'est très progressivement durcie par un ruissellement qui y a apporté d'importants dépôts de calcite. En résulte un matériau de construction exigeant, mais qui est une sorte d'idéal pour des travaux de gros œuvre : densité de 2,7 tonnes/m3 (proche de celle du marbre), formidable résistance à la pression, indifférence au gel et aux attaques des micro-organismes, capacité hors norme à résister à l'érosion…

Ici, pas d'excavation profonde : le banc de pierre, horizontal, fait environ 2,5 mètres d'épaisseur et se rencontre dès 3 mètres de profondeur. La pierre a été ainsi « arrachée » au sol sur une surface de plusieurs hectares. N'hésitez pas : le site est en partie visitable. Les sentiers en tranchée, boisés, permettent même d'y apercevoir d'anciens fronts de taille.

L'église

 

L'église de Berchères est d'une sobriété très beauceronne. Construite en plusieurs phases entre la fin du XI e (Roman) et le début du XIII e siècle (Gothique), elle présente un portail minimaliste, des murs nus rythmés de contreforts, de petites fenêtres en plein cintre et une corniche soutenue de corbeaux. Son haut clocher finit par de belles fenêtres – à l'origine deux sur chaque face – qui sont en partie murées avec des petites ouvertures en quadrilobes. Voici sa touche « personnelle »…

Zoom : Les parties inférieures du clocher comprennent d'énormes blocs, dont certains longs de près de deux mètres, taille qui n'a à peu près aucun équivalent dans des bâtiments du Moyen-Âge. Derrière ce « record », il y a sûrement une raison technique : un terrain plat, sur une distance courte, permettant le roulement sur rondins depuis le lieu d'extraction.

 

L'éolienne Bollée

En 1896, suite à un épisode de sécheresse, la municipalité de Berchères a décidé de faire l'acquisition d'une pompe à eau, produite par l'industriel Auguste-Sylvain Bollée, fils de l'inventeur des éoliennes. Il s'agit d'une combinaison de deux roues, d'un diamètre de 3,5 mètres, l'une fixe et l'autre motrice, montées en pivot sur une grande colonne haubanée, autour de laquelle est installé un escalier en spirale.

Une mare artificielle a été créée, à laquelle est venue s'ajouter un lavoir, indissociable de l'image du village. L'éolienne est classée monument historique.

La Grand' Maison

La ferme qui est contigüe à l'église était propriété de l'évêque (on disait d'ailleurs jusqu'au XIX e siècle « Berchères l'Evêque »). Le beau portail d'entrée comporte un arc en ogive et quatre boute-roues qui protègent les montants du frottement des chariots. Il est précisément datable : Pierre de Mincy, qui avait auparavant consacré la cathédrale, commence les travaux de ces bâtiments en l'an 1272.

La Pierre Nochat

C'est le premier témoignage visible de l'histoire de la commune. Le dolmen, isolé dans les champs, dont la disposition a été perturbée en 1961, daterait probablement du IV e millénaire avant J.C.

Mémoire(s) : Alfred Loreau (1843-1922)

L'histoire singulière d'un enfant issu d'une famille modeste de Berchères, qui stupéfiait déjà l'instituteur du village. Après avoir intégré l'école Centrale, Alfred Loreau commence une carrière prometteuse d'ingénieur en mécanique, avant que son mariage lui permette d'intégrer les cercles du pouvoir.

Parcourir sa « carte de visite » suffit à deviner combien l'homme compte dans le paysage politique, économique et social de la France des années 1900 : ancien député et conseiller général du Loiret, président de la Faïencerie de Gien, régent de la Banque de France, administrateur des chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée, président de la Société des ingénieurs civils de France, vice-président de la Société d'agriculture de France, président de la Commission technique de l'Automobile-Club de France, etc… À présent, l'industriel côtoie Wendel, Schneider et Rotschild…

Tradition : les murs en moellons de calcaire

Durant des siècles et jusqu'aux années 1900, une partie de la population du village, y compris les paysans, était directement liée à l'exploitation de la pierre. Les fermes anciennes présentent d'immenses murs en moellons calcaires, bien plus réguliers qu'ailleurs. Blocs de forme carrée, bien équarris, jointifs… Les grands piliers des portails, les gonds en pierre (!) : tout témoigne de ce savoir-faire local. Plusieurs rues, assez homogènes, forment le plus bel ensemble de la région, qui mérite à tout prix d'être préservé.