23 juin 2021
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Barjouville, c’est toute une histoire

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Dans vos communes.

Chaque mois, focus sur une commune de l’agglomération, en suivant l’ordre alphabétique.

Découvrez le patrimoine, l'histoire, la mémoire… de Barjouville

Le plan d’eau

1966. Pour fournir les matériaux nécessaires aux terrassements de l’autoroute A 10, l’ancienne prairie est excavée, formant une vaste ballastière. Ce qui aurait pu être une catastrophe écologique s’est mué en quelques décennies en un modèle environnemental.

Les berges accueillent un biotope typique des zones marécageuses, protégées par des platelages en bois. En s’éloignant de quelques mètres, les zones herbeuses et fleuries échappent à la tondeuse. Résultat : plus de 200 espèces végétales différentes cohabitent. Ceux qui prendront le temps y observeront de nombreux oiseaux (hérons cendrés, martins pêcheurs, grèbes huppées), mais aussi des insectes rares - menacés sur le sol français : le criquet ensanglanté, la grande aeschne (qui est une libellule).

Les « stars » demeurent les cyprès « chauves » (ils perdent leurs épines en hiver), en bordure de l’Eure. Ces monuments naturels, hauts de plus de 30 mètres, auraient été plantés à la demande de Jérôme Bonaparte, frère de l’empereur, vers 1840.

L’église

Quelle église attachante que celle, toute simple, de Barjouville, rappelant la taille de l’ancien village ! Les murs datent encore en large partie du XIIe siècle. Le clocher en charpente, sur la faitière du toit, a été restauré entre 2011 et 2014. Il abrite une petite cloche, qui remplie ses fonctions depuis l’été 1598. Des trois bâtons de confrérie, celui de saint Jacques est l’un des plus anciens de la région.

Zoom : À l’intérieur, retrouvée lors des récents travaux, l’ancienne croix du pignon a la forme d’un quatre-feuilles, motif celtisant réutilisé par l’art cistercien. À l’extérieur, sur le mur de fond d’église, regardez attentivement : une rafale de petites têtes (quatre plus quatre) - clin d’œil des tailleurs de pierre d’il y a 850 ans !

 

Trois châteaux !

Montmureau était le siège d’une des deux seigneuries de la paroisse. Le portail, encadré de tourelles, semble dater - en partie - du Moyen Âge.


Le « château » de Voisins, qui se dissimule aux regards dans un parc de grands chênes, est une agréable maison de campagne, dont les chaînages et entourages de fenêtres sont en brique. Elle fut bâtie en 1801 par l’un des plus brillants généraux de Napoléon, le baron Alexandre-Antoine Hureau de Sénarmont, dont la famille était originaire d’un hameau de Bailleau-l’Évêque. Le parc limitrophe sert d’écrin à un important édifice, d’esprit Louis XIII, construit vers 1852/53 par la famille Billard de Saint-Laumer.

En bordure des parterres, voici une autre pépite : le dernier vestige de la « prestrière de Moineaux », qui appartenait aux chanoines de la cathédrale de Chartres. C’est une échauguette de style Renaissance construite en 1551 à l’initiative du chancelier Jean Nantier. Sur le « cul de lampe », de fins décors sculptés font alterner putti (angelots nus et joufflus), lions, cartouches et guirlandes de fruits.

Mais aussi… En amont, une (authentique) fontaine alimente un petit bassin, aujourd’hui caché dans les broussailles. En aval, le moulin Lambert est un site pittoresque.

Mémoire(s) : l’un des tout premiers essais mondiaux… de vaccination

Du samedi 16 au lundi 18 juillet 1881, après une démonstration quelques semaines plus tôt en Seine-et-Marne, les docteurs Roux et Chamberland, collaborateurs de Pasteur, testent à la ferme Lambert le premier vaccin de l’histoire, bénéficiant de l’atténuation des germes : celui contre la maladie du charbon, qui ravage alors les troupeaux ovins.

19 têtes (sur un cheptel de 35) sont vaccinées. Deux jours après l’inoculation, le résultat parle de lui-même. Des moutons non traités, dix sont décédés ; les six restants manquent de s’écrouler. De l’autre côté, les moutons « Pasteur » se montrent sains et pleins d’appétit. La presse se fait l'écho de cette nouvelle retentissante. On sait la suite : Émile Roux devient le découvreur du premier sérum contre la diphtérie ; Charles Edouard Chamberland prend en main l’Institut Pasteur, développant des recherches capitales dans la lutte contre les épidémies.

Tradition : les oies

Quand on se plonge dans les archives, on découvre que les Barjouvillois ont toujours été viscéralement attachés à leur gestion collective des prairies humides. À chaque projet de loi qui envisageait une « privatisation », la communauté villageoise y opposait une fin de non-recevoir.

On gérait ensemble l’élagage des peupliers – ainsi ceux qui forment encore rideau sur la rocade, tout comme l’élevage des oies. Chaque matin, en totale autonomie, elles rejoignaient la prairie, traversant les rues du bourg avant de rejoindre les fermes en soirée.

Amusante continuité : deux oies sauvages ont refait leur apparition durant le confinement de mars 2020.