10 mai 2021
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Bailleau-l'Évêque, c'est toute une histoire

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Dans vos communes.

Chaque mois, focus sur une commune de l'agglomération, en suivant l'ordre alphabétique.

Découvrez le patrimoine, l'histoire, la mémoire... de Bailleau-l'Évêque.

Le château de Levéville : un joyau architectural

Méconnu du grand public car resté depuis le Moyen Âge dans des mains privées, cet édifice a fière allure. Du château construit par Michel Le Vacher à la fin du XV e siècle, il reste le tracé quadrangulaire des douves et deux tours rondes, dont on perçoit encore la fonction défensive.

Au début du XVII e siècle, c'est le financier François III Briçonnet qui reconstruit le bâtiment central, élève la façade en briques et chaînages de pierre qui se dresse sur la cour d'honneur, ainsi que plusieurs pavillons isolés, dont deux conservés aujourd'hui au niveau de la grille d'entrée. Le château était entouré d'un vaste parc, loti de pavillons individuels au XX e siècle, mais conserve de beaux parterres « à la française ».

Parmi les occupants du château, citons le député Auguste-Antoine Barthélémy (1802-1886), l'Administration pénitentiaire et le duo de chanteurs Varel et Bailly, qui eut un succès considérable dans les années 1950. Parmi les visiteurs prestigieux : la régente Catherine de Médicis négociant avec le chef militaire des protestants, Condé, ou encore l'écrivain Alexandre Dumas, lors de dîners mémorables.

Château de Levéville à Bailleau-l'Évêque

L'église

Ses murs datent du XII e siècle. On y voit des fenêtres étroites et plusieurs contreforts, qui mêlent du calcaire blanc et du grison - une curieuse roche naturelle agrégeant des cailloux à l'intérieur d'un ciment ferrugineux brun-rouille.

Le portail, aux chapiteaux feuillagés, date des années 1200-1210 : apparenté à celui de l'église de Jouy, il est probablement conçu par les mêmes équipes, qui travaillent au chantier de la cathédrale voisine. Au XVI e siècle, sont édifiés le choeur polygonal et les chapelles latérales. Parmi de nombreux éléments remarquables : les vitraux des ateliers Lorin (1899) ; le grand retable, commandé en 1673, aux colonnes décorées de ceps de vigne ; la « poutre de gloire » avec les statues de bois polychrome du Christ en croix, entouré de Marie et de saint Jean.

Église de Bailleau-l'Évêque

Un tronçon du Canal Louis XIV

Du projet considérable, mené à partir de 1685, qui visait à amener les eaux de l'Eure (captées en amont de Pontgouin) jusqu'au palais de Versailles pour alimenter les pièces d'eau des jardins, un seul secteur permet de voir le canal achevé – encore alimenté en eau. Cette étonnante perspective, entourée d'arbres, située le long du hameau de Dallonville, accueillait encore des parties de pêche dans les années 1930.

Tronçon du Canal Louis XIV

Une base secrète allemande !

Entre 1943 et 1944, l'organisation TODT, qui oeuvre à la construction du mur de l'Atlantique, investit le secteur nord des bois de Bailleau avec l'objectif d'y construire un dépôt militaire. Ces travaux sont liés à l'approvisionnement du projet V1. Ancêtres des missiles de croisière, ces bombes volantes au profil d'avion, lancées depuis des rampes installées dans la Somme et le Pas-de-Calais, étaient destinées à renverser le cours de la guerre en terrorisant Londres. Restent des travaux inachevés : un pont de transbordement et 11 blockhaus de béton, inaccessibles au public. Longs de trente et larges de dix mètres, ces abris étaient prévus pour contenir les charges explosives.

Un bunker allemand dans une fôret

Mémoire(s) : Edgar et Raymond Maufrais

Edgar Maufrais est né au hameau de Dallonville en 1900. Son fils Raymond, fasciné par les tribus autochtones d'Amérique du Sud, participe dès 1946 à une expédition dans le Mato Grosso : il a vingt ans. En 1949, il repart seul de la Guyane française avec le projet fou de rallier l'Amazonie brésilienne. Malade, affamé, dans un état d'épuisement total, Raymond se jette dans le fleuve Mana pensant rejoindre à la nage la localité habitée la plus près.

On ne retrouvera que son carnet, caché sous une cabane et publié en 1952. Son père, croyant jusqu'au bout aux rumeurs et aux nombreux articles de presse qui le disent vivant (retenu prisonnier ? amnésique ?), monte pendant 12 ans plus de 18 expéditions, parcourant plus de 12 000 kilomètres à pied à la recherche de son fils. Cette force de conviction pathétique fait accéder les Maufrais au rang de mythe chez les aventuriers.

Portrait d'Edgar Maufrais

Les combattants d'Afrique

Trois hommes enterrés au cimetière ont été tués dans la commune les 16 et 17 juin 1940 lors d'accrochages violents entre les troupes allemandes et des fractions isolées du 26 e régiment de tirailleurs sénégalais, qui couvraient courageusement la retraite des forces françaises. Momo
Bangoura est un soldat guinéen de 25 ans. Bouhin est un caporal ivoirien de 24 ans. Le troisième corps ne fut retrouvé par hasard qu'en 1949. On connaîtra son identité cette année, grâce au recoupement des archives numérisées du ministère des Armées. À suivre...

Stèle en hommage aux combattants d’Afrique


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