06 October 2022
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Julien Cottet : « L'intérêt, c'est l'offre globale de soins à l'échelle de notre territoire »

Santé.

Julien Cottet : « L'intérêt, c'est l'offre globale de soins à l'échelle de notre territoire »

Le docteur Julien Cottet, président du Conseil départemental de l’Ordre des médecins, livre son ressenti sur les échanges auxquels il a participé avec les maires de l’agglomération le jeudi 27 janvier.

Votre Agglo : Qu’avez-vous pensé des débats ?

Docteur Julien Cottet : Mon ressenti général est très positif. À titre personnel, j’essaie d’appréhender la problématique des déserts médicaux depuis mon arrivée dans le département en 2010. Et je le dis : les maires se battent dans tous les sens pour attirer des médecins et réalisent un travail exceptionnel, mais ils sont contraints et non aidés par le pouvoir central.

On voit bien les limites du système : au niveau local, ils essaient tous des choses, mais ça ne peut pas prendre sans courage politique. Le système complet et le statut du médecin libéral sont à revoir. Une vraie refonte est nécessaire. La population doit le savoir : ni les maires, ni le Conseil de l’Ordre ne sont responsables du départ ou de la non arrivée de médecins.

Les raisons sont liées au manque de régulation de l’installation, au numerus clausus très bas pendant des décennies, à la crise identitaire du métier de généraliste, aux problèmes d’attractivité des territoires ruraux, à la surcharge administrative, à la déconsidération de la profession …

VA : Quel regard portez-vous sur cette idée de motion lancée par Jean-Pierre Gorges ?

Dr JC : Travailler main dans la main en associant Chartres métropole, les municipalités et le Conseil de l’Ordre pour proposer une motion qui pose le cadre de ce que l’on peut faire dans notre périmètre, en fonction des spécificités de notre territoire et du profil des patients (âge, pathologies, mobilité…), pour proposer une offre et un parcours de soins adaptés : c’est le défi de demain.

En étudiant bien le bassin de vie, en identifiant qui a besoin de quoi, on pourra territorialiser le soin et éviter la « chasse au médecin » sur les terres du voisin. L’intérêt, c’est l’offre globale à l’échelle de notre territoire.

Et ce qui est rassurant dans cette agglomération, c’est que tout le monde, maires et médecins, partage le même constat.

C’est la condition sine qua non pour trouver des solutions ensemble. Je suis ravi que le président de Chartres métropole m’ait sollicité pour établir cette motion et j’ai hâte d'y travailler avec Dominique Soulet, un élu actif et dynamique, qui a bien saisi les enjeux, tout comme les maires de l’agglomération.

VA : Quelles sont les pistes que vous allez explorer ?

Dr JC : Elles sont nombreuses, et nous y reviendrons. Mais un point qui me tient à cœur est de changer notre vision de la promotion du territoire. Il faut arrêter de parler de désert médical, cela fait peur aux jeunes médecins et professionnels de santé. Nous allons élaborer une stratégie innovante propre à les séduire et à les faire s’installer sur notre territoire dynamique. On va renverser la vapeur en terme de communication.

 


« Faciliter l’accès aux soins pour tous »

Sophie Goret, adjointe au maire de Chartres en charge de la politique de santé et infirmière libérale : Le constat n’est pas nouveau : nous manquons de médecins généralistes. Une fois qu’on a dit cela, la question est : comment en trouver ? On a bien vu que la course à la prime à l’installation ne portait pas ses fruits. Tout au plus, le médecin se déplace de quelques kilomètres, mais le problème de fond n’est pas réglé pour autant.

Il faut attirer de jeunes médecins sur notre territoire. C’est une nécessité pour assurer l’accès aux soins pour tous. L’initiative d’une motion lancée par Jean-Pierre Gorges, en lien étroit avec le président du Conseil de l’Ordre des médecins, qui est au contact direct de ses pairs, et notamment les étudiants en médecine, doit faciliter les choses. C’est une bonne démarche.

Avec l’appui du Contrat local de santé, suivi par Dominique Soulet, et des professionnels de santé, c’est l’occasion de créer une émulation, comme cela a été le cas quand il s’est agi de mettre en place le centre de vaccination.

Notre territoire ne manque pas d’atouts (cadre de vie, dynamisme économique, offre scolaire…) pour attirer de jeunes médecins et leurs familles.