06 octobre 2022
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Boisville-la-Saint-Père, c'est toute une histoire

Dans vos communes.

Boisville-la-Saint-Père, c'est toute une histoire

Chaque mois, focus sur une commune de l'agglomération, en suivant l'ordre alphabétique.

Découvrez le patrimoine, l'histoire, la mémoire… de Boisville-la-Saint-Père.

L'église

 

L'église Saint Laurent, propriété des moines de Saint- Père-en-Vallée, est représentative de nombreuses églises romanes de Beauce, construites sur une courte période (1130-1180 environ). La simplicité des formes architecturales, avec l'utilisation systématique des moellons calcaires, y frôle le « minimalisme ».

Caché par la tour de façade, on découvre un touchant portail sculpté. Les voussures sont décorées de fleurs quadrilobées (plus ou moins serrées), les chapiteaux présentent de larges feuilles (d'un coté en relief, de l'autre en gravure). Sur la corniche, l'imagination des sculpteurs s'exprime à plein : un contorsionniste, trois visages hybrides …

Zoom : sur les murs de l'église, une inscription funéraire, réalisée en marbres de différentes couleurs, mentionne André de Hallot († 1590) et sa femme, Jeanne d'Eschelles († 1606). La famille posséda pendant plus de deux cent ans la terre seigneuriale de l'Étourville, à laquelle d'autres terres (Honville, Levesville…) et un titre de vicomte vinrent se rajouter. Leur fils Louis, qui fit réaliser l'épitaphe, ne manque pas d'y rappeler ses propres titres et de faire allusion à son grand fait d'armes : la défense héroïque du château de Caumont (1621) pour laquelle il a été honoré par le roi Louis XIII. Au-dessus de la plaque gravée, on est frappé par une étrange tête de mort aux ailes d'angelot : un symbole de renoncement au monde terrestre.

Des portes qui renseignent sur les propriétaires

Boisville-la-Saint-Père : fronton d'un ancien maréchal-ferrant 

La ferme de l'Étourville – où l'on produit les chips Belsia – comporte un grand portail (vers 1500), typique des plus anciennes fermes fortifiées de la région.

Une grande baie centrale correspond à l'entrée cochère, tandis que le passage latéral est réservé aux piétons. Au-dessus de cette petite porte, on reconnaît le blason de la famille de Hallot : deux barres (fasces) surmontées de trois cercles (annelets rangés en chef).

À côté, un navire à trois mâts a donné naissance à l'étrange légende d'un armateur et de ses cargaisons de café. En réalité, Charles François de Rosset, qui acheta le domaine en 1735, était un magistrat de haut rang, qui exerçait à la cour des aides (juridiction fiscale) de Paris. Le blason est celui de la capitale (les grandes voiles placées derrière les mâts).

À l'intérieur même du village, il faut être très attentif pour découvrir deux linteaux de porte sculptés de fers à cheval (l'un en place, daté de 1582, l'autre noyé dans la maçonnerie d'un mur, de 1762). Ce sont les ateliers d'anciens maréchaux-ferrants. À côté de la porte, l'anneau pour attacher les chevaux est encore là. Sur l'autre pierre, une clé laisse entendre que l'artisan était aussi… serrurier.

 

Lecocq, entreprise historique du machinisme agricole

Boisville-la-Saint-Père : batteuse Lecocq

C'est en 1858 que Napoléon Lecocq ouvre à Boisville un atelier de réparation et de vente d'outillages agricoles, surfant sur la mécanisation des grandes exploitations céréalières. Puis viendront les premiers modèles originaux de batteuses, ainsi que la commercialisation des machines américaines Johnston. Le groupe Lecocq vend aujourd'hui des modèles ultra-modernes, bourrés d'électronique embarquée.

Un clavecin ancien

Au musée des Beaux-Arts de Chartres, le clavecin Bellot (1729), avec ses décors de fleurs peintes, est l'un des instruments les plus anciens. C'est de l'ancien château de L'Étourville qu'il provient, où un amateur éclairé le découvrit à la fin du XIX e siècle.

Mémoire(s) : Occupation et Libération

 Boisville-la-Saint-Père : Notre-Dame de la Libération

Le 28 juillet 1944, Boisville vit des heures terribles. La veille, un groupe de résistants (FFI) a capturé deux soldats allemands. L'un d'eux, qui prétend être enrôlé de force, est laissé libre : il file à Chartres avertir la Gestapo ! Celle-ci investit le village, armée de mitrailleuses et de lance-flammes, piégeant dans une nasse tous les hommes adultes. Le choix est laissé au maire : dénonciation des réseaux, désignation d'otages ou paiement d'une amende de plusieurs millions de francs. La somme est rassemblée dans la panique par toute la population.

Sept hommes et femmes, reconnus par les captifs, ont déjà été déportés en Allemagne, dont une seule reviendra vivante des camps de concentration. Ce traumatisme collectif explique l'érection, lors de la mission de 1950, d'une statue de Notre dame de la Libération : rompant ses chaînes, avec l'inscription « Hommage à nos morts ».

Tradition : les moutons

Boisville-la-Saint-Père : berger

Difficile d'imaginer aujourd'hui des troupeaux de plusieurs milliers de bêtes évoluer sur la plaine de Beauce. On y rencontrait aussi les roulottes en bois où dormaient les bergers.